Relique de sainte Clotilde
Collégiale Notre-Dame du Grand-Andely · Les Andelys, Eure
La collégiale Notre-Dame des Andelys conserve une côte de sainte Clotilde, reçue des chanoines génovéfains de Paris au milieu du XVIIe siècle, sur le lieu même où la reine avait fondé un monastère de femmes. C'est aujourd'hui l'un des rares endroits où ses reliques sont portées en procession chaque année.
Ce que l'on voit
La relique est une côte de la reine, donnée par les Génovéfains de Paris. Elle est associée à un buste-reliquaire de chêne sculpté, haut de 40 cm et large de 25 cm, daté de la limite du XVIe et du XVIIe siècle, propriété de la commune des Andelys et déposé dans l'église Notre-Dame du Grand-Andely. Des verrières du XVIe siècle retracent dans la collégiale la vie de la sainte.
Son histoire
Clotilde, épouse de Clovis, fonde vers 511 aux Andelys un monastère de femmes, la plus ancienne fondation monastique attestée en Haute-Normandie ; l'établissement est détruit vers 900 lors des incursions normandes et la collégiale actuelle est bâtie en 1225 sur ses ruines. La reine s'était retirée à Tours près du tombeau de saint Martin, où elle meurt un 3 juin, en 545 selon la plupart des sources, en 544 selon d'autres. Son corps est ramené à Paris et inhumé auprès de Clovis et de sainte Geneviève dans la basilique des Saints-Apôtres, devenue abbaye Sainte-Geneviève. Au IXe siècle, devant la menace normande, les chanoines quittent Paris avec les châsses : celle de Clotilde est déposée au château de Vivières, dans l'Aisne ; au retour de la paix, les Parisiens réclament les reliques et un partage a lieu, Vivières conservant le chef et un os du bras droit, qu'elle vénère depuis. En 1655, les Génovéfains cèdent une côte aux Andelys, et la sainte y est solennellement honorée à partir de 1656. Pendant la Révolution, le 21 novembre 1793, les ossements de sainte Geneviève sont brûlés place de Grève et leurs cendres jetées à la Seine ; Claude Rousselet, dernier abbé génovéfain, parvient à soustraire les reliques de Clotilde. Elles sont aujourd'hui vénérées à Paris dans la basilique qui porte son nom, rue Las Cases, élevée au rang de basilique mineure à la fin du XIXe siècle.
Aucune expertise des ossements attribués à Clotilde n'est rapportée par les sources consultées, et la chaîne de transmission repose sur les archives des chanoines de Sainte-Geneviève et sur la tradition de Vivières. Plusieurs lieux revendiquent aujourd'hui des reliques de la reine sans qu'il y ait lieu de trancher entre eux : l'église de Vivières, dans l'Aisne, pour le chef et un os du bras droit, la collégiale des Andelys pour une côte, la basilique Sainte-Clotilde de Paris pour ce qui a été sauvé en 1793, et Chambourcy, dans les Yvelines, pour des reliques venues de l'abbaye de Joyenval. Le tombeau parisien d'origine a disparu : l'abbaye Sainte-Geneviève a fermé en 1790 et a été démolie entre 1802 et 1807, et les sarcophages mérovingiens retrouvés lors des fouilles de 1807, transportés au musée des Monuments français en 1817, ont ensuite disparu.
Depuis quand elle est là
La relique est documentée aux Andelys depuis le don des Génovéfains de Paris en 1655 et la vénération solennelle instaurée en 1656. Le buste-reliquaire est inscrit au titre objet depuis le 20 juin 1972.
Le reliquaire
Buste-reliquaire de sainte Clotilde en chêne sculpté, limite du XVIe et du XVIIe siècle, 40 cm de haut sur 25 cm de large, propriété de la commune des Andelys, en dépôt dans l'église Notre-Dame du Grand-Andely, inscrit au titre objet le 20 juin 1972.
La voir
La relique est portée chaque année au début du mois de juin, autour de la fête de sainte Clotilde le 3 juin. La tradition, ancienne, conduit le cortège jusqu'à la fontaine Sainte-Clotilde, où l'on raconte depuis le Xe siècle que la reine changea l'eau en vin pour désaltérer les ouvriers du monastère. En 2025, l'agenda du diocèse d'Évreux annonçait une semaine sainte Clotilde avec des messes en présence des reliques les 2, 3, 5 et 6 juin, et le 4 juin une procession partant de l'église Saint-Sauveur vers la fontaine puis la collégiale, suivie de la messe ; cette page d'agenda n'est plus en ligne et le programme des éditions suivantes reste à confirmer auprès de la paroisse.
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Sources consultées pour cette fiche :