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Corps saint Saint Éloi de Noyon

Saint Éloi de Noyon

Ancienne cathédrale Notre-Dame de Noyon · Noyon, Oise

L'ancienne cathédrale de Noyon conserve au maître-autel les restes de saint Éloi, orfèvre de Dagobert devenu évêque de la cité au VIIe siècle. Ils reposent dans une châsse de bois doré exécutée en 1830, copie de l'orfèvrerie de 1626 disparue à la Révolution.

Ce que l'on voit

Au maître-autel de l'ancienne cathédrale, deux châsses de bois sculpté et doré se répondent, celle de saint Éloi et celle de sainte Godeberthe. Celle d'Éloi est de plan ovale, posée sur huit pieds en forme de lions, ceinturée de huit colonnes corinthiennes qui abritent des figurines de saints patrons, et coiffée d'un dôme surmonté d'un lanternon. Elle reprend le dessin de la châsse d'argent doré détruite sous la Révolution, dont il ne subsiste que des relevés graphiques et une description d'inventaire.

Son histoire

Éloi meurt le 1er décembre d'une année que les notices situent en 659 ou en 660, et il est d'abord inhumé dans une chapelle hors les murs de Noyon selon son souhait. Son corps est reporté derrière l'autel dès l'année suivante, puis rentré à l'intérieur de la ville vers 881 devant la menace normande, avant d'être déposé dans la cathédrale en 1066, au-dessus du maître-autel. Deux translations solennelles suivent, en 1157 puis en 1306, chacune accompagnée d'une châsse plus riche, la seconde couverte de pierreries ; le décor précieux disparaît pendant les guerres civiles de la fin du XVIe siècle. En 1623, année de peste, le chapitre fait vœu de commander une nouvelle châsse à l'orfèvre parisien René de La Haye, et les reliques y sont transférées en août 1626. Cette châsse d'argent doré disparaît dans les premiers jours de novembre 1793. Les ossements sauvés sont replacés le 23 août 1795 dans un modeste reliquaire de bois peint et de verre, puis transférés en 1830 dans la châsse de bois doré toujours en place.

Ce que l'on sait de son authenticité

Aucune analyse scientifique des ossements de Noyon n'a été publiée à notre connaissance. Ce que la cathédrale présente aujourd'hui est ce qui a été sauvé de la profanation de novembre 1793 puis remis en reliquaire en 1795 : l'identification repose sur la continuité du culte et sur les actes ecclésiastiques de 1795 et de 1830, non sur une expertise moderne. Le reliquaire visible n'est donc pas un contenant d'origine mais une copie du XIXe siècle, la châsse de 1626 ayant été détruite. Une notice encyclopédique mentionne en outre la translation d'un bras à Notre-Dame de Paris en 1212, commémorée le 25 juin ; nous n'avons pas pu recouper cette information sur une source primaire ou institutionnelle.

Depuis quand elle est là

La présence des reliques dans la cathédrale même est documentée depuis 1066. Le dépôt actuel remonte à leur récupération et à leur remise en reliquaire le 23 août 1795, après la disparition de la châsse d'orfèvrerie ; la mise en châsse actuelle date de 1830. Le dossier de l'Inventaire général du patrimoine culturel des Hauts-de-France retrace cette chaîne de translations et conserve la trace d'une description détaillée de la châsse de 1626 relevée en 1783.

Le reliquaire

Châsse en chêne sculpté et doré réalisée en 1830 par le sculpteur noyonnais Jean Louis Médard Poisson, dorure de Sallé, d'après les relevés du graveur Jean Picart et du dessinateur Tavernier de Jonquières. Elle reproduit la châsse d'argent doré commandée en 1623 à l'orfèvre parisien René de La Haye et disparue en 1793.

La voir

La châsse est visible en permanence au maître-autel de l'ancienne cathédrale, ouverte à la visite. La fête de saint Éloi est célébrée le 1er décembre. Des vénérations ponctuelles sont organisées devant les reliques, ainsi le pèlerinage du samedi 1er février 2025, de 15 h à 17 h, à l'initiative d'une paroisse orthodoxe de Compiègne.

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