Reliques de saint Hilaire de Poitiers
Église Saint-Hilaire-le-Grand · Poitiers, Vienne
L'église Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers conserve les reliques de son premier évêque à l'emplacement présumé de son tombeau, dans une petite crypte appelée confession, sous le chœur. Il ne s'agit plus du corps mais de fragments, revenus du Puy-en-Velay en 1657 et enfermés dans un coffret commandé par les chanoines en 1658.
Ce que l'on voit
Sous le chœur surélevé, une petite crypte dite confession marque l'endroit où se trouvait le tombeau. Les reliques y sont enfermées dans un coffret de 1658, lui-même abrité depuis 1892 dans une grande châsse de bronze offerte par les fidèles : le pèlerin voit la châsse, pas les ossements. Le chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes, les deux niveaux du chœur et les circulations qui les entourent ont été conçus pour ce pèlerinage, l'un pour la prière des chanoines, l'autre pour le passage des pèlerins autour du tombeau.
Son histoire
Né à Poitiers vers 315, Hilaire en est le premier évêque attesté, élu vers 350, adversaire de l'arianisme et l'un des premiers théologiens latins ; Pie IX l'élève au rang de docteur de l'Église en 1854. La tradition veut qu'il ait fait bâtir l'oratoire dédié à saint Jean et saint Paul où il est inhumé à sa mort, en 368, dans une nécropole au sud de la ville. Autour de sa tombe se développe une collégiale desservie par des chanoines, dont l'église actuelle est consacrée le 1er novembre 1049. Au IXe siècle, devant la menace normande, les moines emportent le corps au Puy-en-Velay ; il n'en reviendra que des fragments, en 1657. En 1562, pendant les guerres de Religion, l'église est pillée par les troupes protestantes conduites par le chef gascon Sainte-Gemme, le tombeau est détruit et plusieurs relations rapportent que les restes furent brûlés, ce que la documentation patrimoniale de Grand Poitiers ne détaille pas. Les chanoines font faire en 1658 un coffret pour les reliques revenues, et depuis 1892 ce coffret est abrité dans une grande châsse de bronze due à la générosité des fidèles. Abandonnée et dévastée à la Révolution, vendue à un marchand de matériaux qui dépèce la nef, l'église est rendue au culte en 1804, classée Monument historique en 1847, reconstruite en partie dans la seconde moitié du XIXe siècle, et inscrite au patrimoine mondial en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le lieu ne prétend pas conserver le corps de saint Hilaire, et c'est un point à énoncer clairement : le tombeau a été détruit en 1562 et ce qui est vénéré aujourd'hui est un ensemble de fragments rentrés du Puy-en-Velay en 1657, près de huit siècles après le départ du corps devant les Normands. Deux revendications concurrentes existent et méritent d'être exposées sans arbitrage. Le Puy-en-Velay, où le corps fut mis à l'abri au IXe siècle, a conservé une tradition propre autour de reliques d'Hilaire, notamment à l'église Saint-Georges. L'abbaye de Saint-Denis, de son côté, affirmait détenir des reliques d'Hilaire apportées sous le règne de Dagobert et faisait figurer dans son trésor un chef-reliquaire d'argent doré orné de perles et de pierreries, réalisé à la demande des religieux en 1606 et encore décrit dans la deuxième armoire du trésor à l'inventaire de 1752 ; les sources consultées ne disent pas ce qu'il est devenu après la dispersion révolutionnaire. Aucune des sources consultées ne donne de reconnaissance canonique moderne des fragments de Poitiers, ni ne signale de masque ou de figure de cire.
Depuis quand elle est là
Le culte au tombeau est documenté à cet emplacement depuis l'Antiquité tardive et la collégiale s'organise autour de lui dès le haut Moyen Âge. La présence des reliques actuelles est documentée depuis leur retour du Puy en 1657 et leur mise en coffret en 1658 ; la châsse de bronze qui les abrite date de 1892.
Le reliquaire
Coffret commandé par les chanoines de l'église en 1658, abrité depuis 1892 dans une grande châsse de bronze financée par la générosité des fidèles, dans la crypte dite confession sous le chœur.
La voir
Visible en permanence, aux heures d'ouverture de l'église : la châsse est accessible dans la crypte, les reliques elles-mêmes restant enfermées. Saint Hilaire est fêté le 13 janvier ; les sources consultées ne mentionnent pas de procession ni d'ostension annuelle des reliques.
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Sources consultées pour cette fiche :