Reliques de saint Martin
Basilique Saint-Martin de Tours · Tours, Indre-et-Loire
La basilique conserve dans sa crypte le lieu même de la sépulture de saint Martin, mort en 397, et les fragments osseux qui ont échappé au sac de 1562. Un autel dit du chef, à l'étage supérieur, abrite une partie de la tête du saint.
Ce que l'on voit
Le visiteur descend dans une crypte à cinq nefs, ouverte sous le sanctuaire de la basilique de Victor Laloux. Au centre, un tombeau reconstitué recouvre l'emplacement du sépulcre primitif retrouvé en 1860 ; des ouvertures latérales laissent voir la dalle ancienne et le reliquaire. Ce que l'on vénère n'est pas un corps entier mais des fragments : un morceau de crâne et un os de bras, auxquels se sont ajoutées des parcelles retrouvées ailleurs. La basilique présente par ailleurs un autel dit du chef, qui contient une partie de la tête.
Son histoire
Martin, évêque de Tours, meurt à Candes en 397 et son corps est ramené à Tours, où ses funérailles sont célébrées le 11 novembre. Une chapelle s'élève sur la tombe vers 437, remplacée vers 471 par la grande basilique de l'évêque Perpetuus, qui fait du lieu l'un des premiers sanctuaires de la Gaule ; les sources rapportent des mises à l'abri des reliques au IXe siècle devant les raids normands. En avril et mai 1562, les troupes protestantes du prince de Condé saccagent le sanctuaire : la châsse de saint Martin est jetée au feu et seuls sont sauvés un morceau du crâne et un os du bras. À la Révolution, la collégiale devient écurie en 1793, ses voûtes s'effondrent en 1797 et l'édifice est démoli, ne laissant debout que la tour Charlemagne et la tour de l'Horloge. Le 14 décembre 1860, Léon Papin-Dupont, dit le saint homme de Tours, acquiert un terrain et fait retrouver l'emplacement du tombeau sous une maison ; les fouilles ne livrent que de la poussière, des traces d'huile et des brandea. Victor Laloux édifie la basilique actuelle entre 1886 et 1902, consacrée le 4 juillet 1925, et une boîte de plomb contenant des ossements de Martin et de trois autres évêques de Tours est mise au jour en 2014 dans la statue de bronze qui couronne le dôme.
Le lieu ne revendique pas un corps intact. Les sources concordent pour dire que la châsse médiévale et son contenu ont été brûlés en 1562 et que seuls un fragment de crâne et un os de bras ont été soustraits au feu ; des parcelles dispersées ont été retrouvées ailleurs, comme celles découvertes en 1667 dans une statue-reliquaire du XIVe siècle à Marcolès. La fouille de 1860 n'a livré aucun ossement, mais la poussière, les résidus d'huile et les brandea attendus d'une sépulture longtemps vénérée, ce qui a servi d'argument topographique plus que d'identification biologique. La découverte de 2014 dans la statue du dôme a été documentée comme un dépôt de 1889, non comme une reconnaissance ancienne.
Depuis quand elle est là
Le culte sur le tombeau est attesté de façon continue depuis la fin du IVe siècle et l'édification de la basilique de Perpetuus vers 471. Les reliques actuellement présentées sont celles identifiées comme rescapées de l'autodafé de 1562, replacées sur le site du sépulcre après sa redécouverte en 1860.
Le reliquaire
Tombeau reconstitué dans la crypte de la basilique de Victor Laloux, avec un reliquaire visible par des ouvertures latérales ; à l'étage, un autel dit du chef abritant une partie de la tête. La statue de bronze posée en 1889 au sommet du dôme porte des reliques dans son bras droit.
La voir
La crypte est ouverte à la vénération aux heures d'ouverture de la basilique. Le temps fort annuel est la fête de saint Martin, autour du 11 novembre : procession aux lampions de la cathédrale Saint-Gatien à la basilique la veille au soir, veillée et vénération des reliques, messe solennelle le 11. Le 4 juillet, anniversaire de la dédicace ancienne et de la consécration de 1925, est également marqué.
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Sources consultées pour cette fiche :