Reliques de saint Thomas d'Aquin
Église du couvent des Jacobins de Toulouse · Toulouse, Haute-Garonne
L'église des Jacobins conserve sous son maître-autel les reliques de saint Thomas d'Aquin, attribuées à Toulouse par le pape Urbain V et translatées depuis l'abbaye de Fossanova en 1369. Le crâne y est conservé à part, dans un reliquaire distinct.
Ce que l'on voit
Au centre de l'église des Jacobins, sous l'autel de marbre gris conçu par l'architecte Yves Boiret lors du retour des reliques, une châsse de vermeil renferme les ossements du docteur commun. Le visiteur voit la châsse en place dans un édifice devenu monument municipal, où le culte reste célébré ponctuellement. Le crâne fait l'objet d'un reliquaire propre, également conservé au couvent, sorti pour la première fois de son écrin en 2023 à l'occasion du triple jubilé.
Son histoire
Thomas d'Aquin meurt le 7 mars 1274 à l'abbaye cistercienne de Fossanova, dans le Latium, en se rendant au concile de Lyon, et il est canonisé en 1323. En 1368, le pape Urbain V, ancien bénédictin, décide d'attribuer ses reliques à l'ordre des Prêcheurs et à Toulouse, où l'ordre est né ; la translation solennelle a lieu aux Jacobins en 1369. Les reliques y sont vénérées pendant plus de quatre siècles. En 1791, les dominicains étant chassés, elles sont transférées à la basilique Saint-Sernin, où elles demeurent pendant près de deux siècles, tandis que l'église des Jacobins sert de caserne puis subit de longues campagnes de restauration. En 1974, pour le septième centenaire de la mort de Thomas d'Aquin, les reliques reviennent aux Jacobins et sont déposées sous un autel neuf ; une reconnaissance des restes est alors effectuée. Le triple jubilé thomiste de 2023 à 2025 a marqué trois anniversaires, les sept cents ans de la canonisation en 2023, les sept cent cinquante ans de la mort en 2024 et les huit cents ans de la naissance en 2025 : le 26 janvier 2023, la relique du crâne a été extraite de son reliquaire, un nouveau reliquaire conçu et exécuté par l'artiste Augustin Frison-Roche a été béni le 27 janvier 2023, et la relique a ensuite circulé dans les couvents et monastères dominicains de France et à l'étranger. Le pape François a accordé une indulgence plénière aux fidèles vénérant ces reliques pendant le jubilé.
Le dossier toulousain repose sur une chaîne institutionnelle claire, de Fossanova à Toulouse par décision pontificale, puis d'un sanctuaire toulousain à l'autre pendant la Révolution, sans destruction des ossements. La reconnaissance de 1974 est la dernière opérée avant l'ouverture du reliquaire du chef en 2023. Un point reste ouvert et n'est pas tranché ici : deux crânes sont revendiqués comme étant celui de Thomas d'Aquin. Celui des Jacobins, présenté à Toulouse depuis 1974, et un second découvert en 1585 dans un mur de l'autel de l'abbaye de Fossanova, documenté par acte notarié et aujourd'hui vénéré dans la cathédrale Santa Maria Annunziata de Priverno, dans le Latium. Aucune expertise comparative publiée ne départage les deux, et les deux lieux maintiennent leur revendication.
Depuis quand elle est là
La présence des reliques à Toulouse est documentée depuis la décision d'Urbain V en 1368 et la translation de 1369. Le déplacement à Saint-Sernin en 1791 et le retour aux Jacobins en 1974 sont l'un et l'autre documentés, tout comme la reconnaissance opérée en 1974.
Le reliquaire
Châsse de vermeil sous le maître-autel de l'église des Jacobins, l'autel ayant été dessiné par l'architecte Yves Boiret pour le retour de 1974. Reliquaire du chef réalisé par l'artiste Augustin Frison-Roche, béni le 27 janvier 2023 pour le triple jubilé.
La voir
La châsse est visible en permanence dans l'église des Jacobins, ouverte à la visite comme monument de la ville de Toulouse. La fête de saint Thomas d'Aquin est célébrée le 28 janvier, occasion de célébrations dominicaines aux Jacobins ; pendant le jubilé de 2023 à 2025, le reliquaire du chef a été porté en procession et présenté à la vénération dans plusieurs villes, notamment le 25 janvier 2025 à Toulouse.
Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.
Sources consultées pour cette fiche :