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Relique de contact Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc : l'absence de relique corporelle

Église Sainte-Jeanne-d'Arc et jardin du Bûcher, place du Vieux-Marché · Rouen, Seine-Maritime

Il n'existe aucune relique corporelle de Jeanne d'Arc : brûlée place du Vieux-Marché à Rouen le 30 mai 1431, elle a vu ses cendres jetées dans la Seine sur ordre, précisément pour interdire tout culte. Ce que Rouen conserve est le lieu du supplice lui-même, signalé depuis 1979 par l'église Sainte-Jeanne-d'Arc et le jardin du Bûcher.

Ce que l'on voit

Sur la place du Vieux-Marché s'élève une église consacrée en 1979, œuvre de l'architecte Louis Arretche, qui a voulu pour elle la silhouette d'une coque de bateau renversée, charpente de bois apparente au-dessus de la nef et couverture d'écailles d'ardoise et de cuivre. Le mur nord accueille treize verrières de la Renaissance, exécutées vers 1520-1530, provenant du chœur de l'ancienne église Saint-Vincent détruite en 1944. À l'extérieur, au nord de l'édifice, un jardin appelé le Bûcher marque l'emplacement du supplice. L'édifice est à la fois église paroissiale et mémorial civil ; on n'y vénère aucun ossement ni aucun objet ayant appartenu à Jeanne.

Son histoire

Condamnée par le tribunal d'inquisition réuni à Rouen, Jeanne d'Arc est brûlée vive place du Vieux-Marché le 30 mai 1431, et le bourreau reçoit l'ordre de jeter ses cendres dans la Seine afin qu'elles ne deviennent pas objet de ferveur. La destruction est donc délibérée et complète : aucune relique corporelle ne pouvait en subsister. En 1867, un bocal de verre est découvert dans le grenier d'une pharmacie parisienne, portant une étiquette annonçant des restes trouvés sous le bûcher de la Pucelle d'Orléans ; l'Église le reconnaît en 1875 et il devient propriété de l'archevêché de Tours. Déposé au musée de Chinon en 1963, il y est présenté jusqu'en 2003. Une équipe conduite par le médecin légiste Philippe Charlier l'examine à partir de février 2006 et conclut que son contenu est sans rapport avec Jeanne d'Arc. Entre-temps, le procès de condamnation a été annulé en 1456 et Jeanne a été canonisée par Benoît XV le 16 mai 1920 ; elle est patronne secondaire de la France.

Ce que l'on sait de son authenticité

Le dossier dit des reliques de Chinon a été tranché par l'analyse. L'équipe pluridisciplinaire dirigée par Philippe Charlier, à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, a soumis le contenu du bocal à la spectrométrie, à la microscopie, à la radiologie, à l'analyse des pollens et des textiles, ainsi qu'à une expertise olfactive confiée à deux parfumeurs professionnels. Les résultats, rapportés par la revue Nature le 4 avril 2007 sous la plume de Declan Butler, décrivent une côte humaine noircie, des fragments de bois carbonisés, un morceau de lin d'environ quinze centimètres et un fémur de chat. La côte porte des traces d'embaumement et non de combustion, du pollen de pin utilisé dans la momification égyptienne, et de la vanilline caractéristique d'une décomposition et non d'une crémation ; la datation au carbone 14 place les restes entre le VIe et le IIIe siècle avant notre ère. La conclusion publiée est qu'il s'agit de matériel provenant d'une momie égyptienne, l'hypothèse retenue étant une fabrication d'apothicaire au XIXe siècle, l'écriture du parchemin étant elle aussi datée de ce siècle. S'agissant des objets, l'anneau acquis le 4 mars 2016 par le Puy du Fou auprès de la maison londonienne Timeline Auctions pour 376 883 euros ne fait pas consensus : le comité scientifique de l'Historial Jeanne d'Arc de Rouen a déclaré ne pas pouvoir certifier son authenticité, l'analyse par fluorescence X a montré un vermeil alors que Jeanne décrit lors de son procès un anneau d'or ou de laiton, et les médiévistes Philippe Contamine et Olivier Bouzy ont publiquement contesté la traçabilité de l'objet. La maison natale de Domrémy-la-Pucelle, protégée au titre des monuments historiques et ouverte à la visite, reste le seul édifice conservé où Jeanne a réellement vécu.

Depuis quand elle est là

L'emplacement du bûcher sur la place du Vieux-Marché est attesté par les actes du procès et par la topographie rouennaise ; l'aménagement mémoriel actuel, église et jardin, date de 1979. Aucune relique corporelle n'est conservée ni revendiquée en ce lieu, ni ailleurs.

La voir

L'église Sainte-Jeanne-d'Arc est ouverte du vendredi au dimanche, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, fermée le 25 décembre et le 1er janvier. Le jardin du Bûcher, au nord de l'édifice, est en accès libre. Rouen célèbre Jeanne d'Arc le deuxième dimanche de mai.

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