Tombeau et reliques de sainte Marthe
Collégiale royale Sainte-Marthe · Tarascon, Bouches-du-Rhône
La crypte de la collégiale de Tarascon, l'une des plus anciennes de Provence, conserve un sarcophage de marbre romain présenté comme le tombeau de sainte Marthe. Le chef reliquaire d'or de Louis XI a disparu pendant la Révolution et le buste que l'on voit aujourd'hui est une reproduction livrée en 1868.
Ce que l'on voit
On descend dans une vaste crypte qui abrite un autel antérieur à l'époque romane et le mausolée de sainte Marthe. Le sarcophage lui-même est un coffre de marbre commandé à Rome vers 320. Le buste reliquaire exposé dans l'église est une copie du XIXe siècle imitant l'orfèvrerie perdue de Louis XI.
Son histoire
La tradition provençale fait aborder Marthe de Béthanie en Provence et la fait mourir à Tarascon entre 68 et 70, où elle aurait dompté la Tarasque. Un sanctuaire est signalé sur le site à partir du IVe siècle et sa mémoire est vénérée à Tarascon depuis le Xe siècle. En 1187, le tombeau est retrouvé et les reliques font l'objet d'une élévation solennelle présidée par Imbert d'Aiguières, métropolitain de Provence, devant une foule considérable ; le tombeau sera rouvert plusieurs fois par la suite pour prélever des reliques. Louis XI, très attaché au sanctuaire, l'érige en collégiale royale en 1482 et commande dès 1462 un chef reliquaire d'or de 35 kilos, orné de pierres et d'émaux, achevé en 1478 et conservé derrière le maître-autel derrière des portes à triple serrure. En mars 1794, les révolutionnaires envoient ce reliquaire à la Monnaie de Marseille ; le 9 août 1795, le directeur Gaillard l'expédie au muséum de Paris, où sa trace se perd. Le curé Bondon commande en 1866 une reproduction à l'orfèvre parisien Jean-Alexandre Chertier, livrée le 9 mai 1868. Durant l'été 1944, le clocher s'effondre et détruit les voûtes de la collégiale.
Le chef reliquaire d'or de Louis XI a disparu après son envoi à Paris en 1795 et le crâne qu'il contenait a très probablement été détruit à cette période : le buste visible aujourd'hui est une reproduction de 1868, non l'original. Un examen des restes conservés a été mené en 2001 et a conclu à une femme d'environ soixante ans, de l'Antiquité, morte de mort naturelle, ce qui ne permet ni de confirmer ni d'infirmer l'identification avec Marthe de Béthanie. Le sarcophage de marbre romain vers 320 est postérieur de deux siècles et demi à la date de mort que retient la tradition. Le corps de Marthe n'est revendiqué que par Tarascon, mais l'ensemble du cycle provençal de l'évangélisation par les compagnons de Béthanie relève d'une tradition médiévale que l'historiographie discute.
Depuis quand elle est là
Un sanctuaire est signalé sur le site dès le IVe siècle et le culte de sainte Marthe y est documenté depuis le Xe siècle ; l'élévation des reliques de 1187 constitue le premier acte officiel daté.
Le reliquaire
Buste reliquaire réalisé par l'orfèvre parisien Jean-Alexandre Chertier, commandé en 1866 et livré le 9 mai 1868, en imitation du chef d'or perdu de Louis XI (1462-1478).
La voir
Fête de sainte Marthe le 29 juillet. Les Fêtes de la Tarasque, inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO depuis 2005, se tiennent le dernier week-end de juin.
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Sources consultées pour cette fiche :