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Fragment Radegonde de Poitiers

Tombeau et ossements de sainte Radegonde

Église Sainte-Radegonde · Poitiers, Vienne

La crypte de l'église Sainte-Radegonde de Poitiers abrite le sarcophage où la reine devenue moniale fut ensevelie en 587. Le tombeau ayant été profané et les restes brûlés pendant les guerres de Religion, il ne contient plus que quelques ossements calcinés, recueillis dans un étui de plomb replacé dans le sarcophage en 1565.

Ce que l'on voit

On descend par un grand escalier aménagé au XIXe siècle dans une salle funéraire entourée d'un déambulatoire qui dessert trois chapelles, dédiées à sainte Agnès, première abbesse de Sainte-Croix, à sainte Disciole et à saint Junien. Au centre, le sarcophage de pierre sombre, en forme de bâtière, repose sur une épaisse dalle du XIe siècle portée par des supports refaits au XVe siècle. Près du sarcophage se dresse la statue de marbre de Radegonde signée Nicolas Legendre, offerte par Anne d'Autriche, qui prête à la sainte ses propres traits. Les murs sont tapissés d'ex-voto, le plus ancien étant une plaque de marbre noir rappelant les donations de la reine après la maladie de Louis XIV en 1658.

Son histoire

Née vers 520 en Thuringe, capturée par les fils de Clovis en 531, mariée malgré elle à Clotaire, Radegonde quitte la cour vers 550, s'installe à Poitiers et y fonde l'un des premiers monastères féminins de Gaule. Elle fait bâtir hors les murs l'église Sainte-Marie-hors-les-murs, destinée aux sépultures des religieuses, et y est enterrée à sa mort, le 13 août 587 ; l'église prend alors son nom. Le tombeau devient dès le VIe siècle un lieu de grande vénération populaire ; l'abbesse Béliarde le fait dégager vers 1012 et l'on rebâtit l'église, dédicacée en 1099. Il est ouvert de nouveau en 1412 à la demande de Jean de Berry. Pendant les guerres de Religion, en 1562, les huguenots profanent le tombeau et brûlent les restes de la sainte ; seuls quelques ossements calcinés sont sauvés, placés dans un étui de plomb et déposés dans le tombeau en 1565. Le pèlerinage reprend avec force au XVIIe siècle, sous le patronage d'Anne d'Autriche, puis au XIXe siècle, ce qui entraîne la restauration de l'église, classée au titre des Monuments historiques en 1862, le percement d'un nouvel escalier et, en 1870, le rehaussement du sol du chœur pour faciliter la circulation autour du tombeau.

Ce que l'on sait de son authenticité

Le lieu ne présente pas un corps mais un tombeau vidé de sa substance. Ce qui subsiste, selon la documentation patrimoniale de Grand Poitiers, ce sont quelques fragments d'os calcinés recueillis après l'incendie des restes en 1562 et enfermés dans un étui de plomb replacé dans le sarcophage en 1565. La cuve elle-même est tenue par la base Palissy pour le sarcophage ayant servi à l'inhumation de 587 ; la dalle qui la porte est du XIe siècle et les trois supports ont été renouvelés au XVe siècle. Le tombeau a été ouvert au moins deux fois avant les guerres de Religion, vers 1012 et en 1412. Les sources consultées ne documentent pas de reconnaissance canonique moderne des ossements ni de nouvelle atteinte aux reliques à la Révolution, période où l'église fut cependant dévastée et où le groupe sculpté dit du Pas de Dieu y fut transféré depuis l'abbaye Sainte-Croix.

Depuis quand elle est là

La sépulture en ce lieu est documentée depuis 587 et l'église porte le nom de la sainte depuis lors. Le contenu actuel du sarcophage, l'étui de plomb, y a été déposé en 1565.

Le reliquaire

Le sarcophage de pierre lui-même, posé sur une dalle du XIe siècle et des supports du XVe siècle, classé au titre objet en 1862 ; il renferme l'étui de plomb de 1565.

La voir

Le tombeau est accessible en permanence dans la crypte, aux heures d'ouverture de l'église, sans ostension particulière : on ne voit ni les ossements ni l'étui. La fête solennelle de sainte Radegonde est célébrée le 13 août.

Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.

Sources consultées pour cette fiche :

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