Terre de Saints
Cathédrale

Cathédrale Notre-Dame d'Amiens

Amiens, Somme · Hauts-de-France

Plus vaste cathédrale gothique de France, bâtie en moins d'un siècle et inscrite au patrimoine mondial depuis 1981. Elle conserve dans sa salle du Trésor la relique présentée comme la face de saint Jean-Baptiste, rapportée de Constantinople au début du XIIIe siècle.

Cathédrale Notre-Dame d'Amiens, Amiens, Somme

Son histoire

Un incendie détruit en 1218 l'édifice antérieur ; l'évêque Évrard de Fouilloy pose la première pierre de la nouvelle cathédrale en 1220. Trois maîtres d'œuvre se succèdent sans rupture, Robert de Luzarches puis Thomas de Cormont et son fils Renaud, et le gros œuvre est achevé en 1269, la charpente étant posée entre 1284 et 1305. Les proportions sont considérables : 145 mètres de longueur et des voûtes culminant à 42,30 mètres, pour un volume intérieur plus de deux fois supérieur à celui de Notre-Dame de Paris. Le chantier a été largement financé par le négoce du textile et de la guède, la plante tinctoriale à l'origine du bleu d'Amiens, dont les motifs subsistent dans le décor. Le trésor médiéval disparaît en 1793 et a été reconstitué au cours des deux derniers siècles. Viollet-le-Duc intervient de 1849 à 1874 pour réparer les dégradations, et la cathédrale est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981.

Aujourd'hui

La cathédrale reste l'église mère du diocèse d'Amiens, tandis que le Centre des monuments nationaux gère la montée aux tours et la salle du Trésor, ouverte au public en 2016, où la relique de saint Jean-Baptiste est présentée. Selon les chiffres du Centre des monuments nationaux publiés en janvier 2026, ces visites payantes ont réuni 26 564 personnes en 2025, en hausse de 95 % sur un an, dans le sillage de la réouverture de Notre-Dame de Paris ; ce chiffre ne mesure pas la fréquentation de la cathédrale elle-même, dont l'accès est libre. La nativité de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, est la date liturgique naturelle de la vénération de la relique.

Ce que le lieu conserve

La cathédrale présente comme la face de saint Jean-Baptiste, c'est-à-dire la partie antérieure du crâne, une relique arrivée de Constantinople après le sac de la ville par les croisés en 1204. Le chanoine Walon de Sarton, de la collégiale Saint-Martin de Picquigny, affirme l'avoir trouvée à l'église Saint-Georges de Constantinople le 8 septembre 1206 ; l'évêque Richard de Gerberoy la reçoit solennellement à Amiens le 17 décembre 1206, date à partir de laquelle sa présence est documentée. Le parcours antérieur, de Jérusalem à Émèse puis à Constantinople, n'est connu que par des récits de tradition, et le site du ministère de la Culture consacré au trésor ne fait état d'aucune expertise scientifique sur l'authenticité. Elle est conservée dans un reliquaire de cristal de roche complété au XIXe siècle par un plateau d'argent doré orné de pierres semi-précieuses et d'un masque d'émail et d'argent.

La relique d'ici

  • Chef

    Chef de saint Jean-Baptiste

    La cathédrale d'Amiens conserve dans son trésor ce qu'elle présente comme la face antérieure du crâne de saint Jean-Baptiste, rapportée de Constantinople en 1206. La relique est protégée par un bloc de cristal de roche ancien, monté dans un reliquaire d'orfèvrerie refait au XIXe siècle.

Le chemin qui passe ici

Réseau des chemins vers le Mont-Saint-Michel (GR 22 et itinéraires associatifs) : Amiens est une étape majeure de cet itinéraire.

Figures associées

Jean-Baptiste