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Cathédrale Saint-Lazare d'Autun

Autun, Saône-et-Loire · Bourgogne-Franche-Comté

Autun a été bâtie pour être une église de pèlerinage : on y venait vénérer les reliques de saint Lazare, et tout l'édifice, jusqu'au tympan sculpté par Gislebertus, est ordonné à cette visite. Le tombeau qui en était le but a été démoli en 1766.

Cathédrale Saint-Lazare d'Autun, Autun, Saône-et-Loire

Son histoire

Le chantier commence vers 1120 et s'achève vers 1146. L'église n'est alors pas la cathédrale : c'est une église de pèlerinage élevée à côté de la cathédrale Saint-Nazaire, sur un chemin qui mène vers Compostelle et en lien avec Vézelay, où l'on vénère Marie-Madeleine, sœur de Lazare. Elle devient cocathédrale à la fin du XIIe siècle, puis cathédrale unique après la démolition de Saint-Nazaire. Le parcours des pèlerins était réglé presque comme une liturgie : entrée par le portail latéral, station à la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, dépôt d'offrandes de cire, passage devant le coffre de bois qui avait contenu le corps, puis le tombeau lui-même sous lequel on se glissait, station devant le chef de Lazare à la chapelle Sainte-Marthe, et sortie par le grand portail de la Résurrection.

Aujourd'hui

La cathédrale est le siège du diocèse d'Autun et reste ouverte à la visite comme au culte. Ce qu'on vient y voir aujourd'hui est d'abord sculpté : le tympan du Jugement dernier signé Gislebertus, dont le thème de la résurrection des morts avait été choisi parce que les reliques de Lazare reposaient alors dans le chœur, et la trentaine de chapiteaux rassemblés dans la salle capitulaire.

Ce que le lieu conserve

Autun conserve des reliques de saint Lazare depuis le Xe siècle. Un point demande d'être dit franchement, parce qu'il est établi et souvent tu : les reliques venues à Autun sont celles de Lazare d'Aix, évêque du Ve siècle, tandis que le patronage de l'église est depuis le XIIe siècle celui du Lazare ressuscité par le Christ, patronage confirmé en 1801 par Pie VII dans la bulle Qui Christi Domini. Ce sont deux figures distinctes que l'histoire du sanctuaire a rapprochées. Quant au tombeau, il n'existe plus : ce mausolée en forme d'église miniature, long de onze mètres et large de quatre mètres trente, richement revêtu de marbres, a été démoli en 1766 et ses pierres réemployées, le chœur néoclassique étant bâti par-dessus. Des fragments ont été récupérés et sont présentés au musée Rolin.

La relique d'ici

  • Corps saint

    Reliques de saint Lazare

    La cathédrale d'Autun affirme conserver depuis la fin du Xe siècle les reliques rapportées de Marseille sous le nom de saint Lazare, autour desquelles l'édifice tout entier a été bâti. Du dispositif médiéval de vénération, il ne reste ni le tombeau monumental ni la châsse d'origine : le trésor présente le suaire de soie qui enveloppait les ossements et des fragments du reliquaire du chef, tandis que les sculptures du tombeau sont exposées au musée Rolin voisin.

Figures associées

Lazare