Reliques de saint Lazare
Cathédrale Saint-Lazare d'Autun · Autun, Saône-et-Loire
La cathédrale d'Autun affirme conserver depuis la fin du Xe siècle les reliques rapportées de Marseille sous le nom de saint Lazare, autour desquelles l'édifice tout entier a été bâti. Du dispositif médiéval de vénération, il ne reste ni le tombeau monumental ni la châsse d'origine : le trésor présente le suaire de soie qui enveloppait les ossements et des fragments du reliquaire du chef, tandis que les sculptures du tombeau sont exposées au musée Rolin voisin.
Ce que l'on voit
Le pèlerin d'aujourd'hui ne voit plus de châsse exposée dans le chœur. Le trésor de la cathédrale, aménagé dans la grande sacristie, la salle des archives, la salle du trésor et l'ancienne bibliothèque du chapitre, conserve le tissu oriental en soie rouge à rosaces, médaillons et cavaliers dit « suaire de saint Ladre », long d'environ 4,45 mètres, ainsi que des fragments du reliquaire de pierre commandé pour le chef du saint. Le mausolée qui abritait les reliques derrière le maître-autel a disparu : ses statues subsistantes, dont Marthe, Marie-Madeleine et saint André, sont présentées au musée Rolin, et une tête de saint Pierre provenant du même ensemble est au Louvre. Dans la cathédrale, la mémoire du saint reste portée par le trumeau du portail, qui figure Lazare en évêque entre ses deux sœurs, et par les verrières du chœur du XIXe siècle consacrées à sa vie.
Son histoire
À la fin du Xe siècle, l'évêque d'Autun Gérard Ier obtient de Marseille, où elles étaient vénérées à Saint-Victor, des reliques données pour celles de saint Lazare ; les sources situent leur arrivée en 972, après négociation impliquant l'empereur Lothaire. L'afflux de pèlerins conduit l'évêque Étienne Ier de Baugé à lancer vers 1120 la construction d'une église de pèlerinage destinée à les abriter, achevée vers 1150, la translation des reliques dans le nouvel édifice étant célébrée en 1146 ou 1147. Un mausolée-reliquaire en forme d'église miniature, long d'environ 11 mètres et large de 4,30 mètres, est alors élevé dans le chœur ; sa sculpture est attribuée à un moine nommé Martin, et non à Gislebertus, auteur du tympan et de l'Ève du portail latéral. En 1766, les chanoines du chapitre, jugeant l'art médiéval démodé, font démonter le mausolée, le jubé et le portail latéral ; les blocs sculptés servent de remblai sous le nouveau tour de chœur néoclassique, ce qui permettra d'en retrouver un grand nombre lors de démontages ultérieurs. La Révolution achève la dispersion : les collections du trésor sont vendues ou fondues, et il faut attendre le XIXe siècle pour qu'un nouveau trésor soit constitué. La cathédrale reste placée sous l'invocation de « saint Lazare ressuscité par le Christ », patronage confirmé en 1801 par Pie VII dans la bulle Qui Christi Domini.
L'historiographie établit depuis longtemps que les reliques venues de Marseille sont celles de Lazare d'Aix, évêque d'Aix-en-Provence des IVe et Ve siècles, et non celles de Lazare de Béthanie, l'ami de Jésus ressuscité dans l'Évangile ; la confusion entre les deux personnages est ancienne et c'est elle qui a fait la fortune du pèlerinage. La cathédrale continue d'être placée sous le vocable de Lazare de Béthanie tout en conservant les reliques attribuées à Lazare d'Aix. Deux destructions ont amputé le dossier matériel : le démontage du mausolée en 1766, et la vente ou la fonte du trésor à la Révolution, qui a fait disparaître les châsses d'orfèvrerie. Le suaire de soie qui enveloppait les ossements, daté des Xe et XIe siècles, subsiste en revanche : sa plus grande partie est au trésor de la cathédrale, deux pièces importantes au musée des Tissus de Lyon et un fragment au musée de Cluny à Paris. Il est classé au titre objet depuis le 4 juillet 1903 et propriété de l'État. Les sources publiques consultées ne détaillent pas l'état ni la localisation précise des ossements aujourd'hui conservés.
Depuis quand elle est là
La présence des reliques à Autun est documentée depuis la fin du Xe siècle, la date de 972 étant celle retenue pour leur arrivée depuis Marseille sous l'épiscopat de Gérard Ier ; leur installation dans l'église actuelle est datée de 1146 ou 1147.
Le reliquaire
Le reliquaire de pierre de Tonnerre commandé en 1480 par le cardinal Jean Rolin pour le chef de saint Lazare, attribué au sculpteur Antoine Le Moiturier, n'est conservé qu'à l'état de fragments présentés dans la salle des archives du trésor. Le trésor comporte par ailleurs une châsse-reliquaire monumentale acquise au XIXe siècle sous l'épiscopat de Mgr de Marguerye, lors de la reconstitution des collections après le Concordat.
La voir
Aucune ostension solennelle ni procession annuelle n'est documentée par les sources consultées. Le trésor de la cathédrale, présenté par le Centre des monuments nationaux, se visite et donne accès au suaire et aux fragments du reliquaire du chef ; les vestiges sculptés du tombeau se voient au musée Rolin, à quelques pas de la cathédrale.
Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.
Sources consultées pour cette fiche :- cathedrale.autun-art-et-histoire.fr/la-cathedrale/un-lieu-de-pelerinage/le-parco
- www.tresor-cathedrale-autun.fr/decouvrir/histoire-du-tresor-de-la-cathedrale-d-a
- pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM71000010
- nominis.cef.fr/contenus/pastourisme71-AUTUN-Cathedrale-Saint-Lazare.pdf
- www.coupefileart.com/post/le-tombeau-de-lazare-%C3%A0-autun-saint-%C3%A9crin-dis
- fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Lazare_d'Autun