Reliques de saint Benoît
Abbaye de Fleury, basilique de Saint-Benoît-sur-Loire · Saint-Benoît-sur-Loire, Loiret
L'abbaye de Fleury affirme conserver les reliques de saint Benoît de Nursie, rapportées du Mont-Cassin au VIIe siècle. Elles reposent aujourd'hui dans une châsse logée à l'intérieur du pilier central de la crypte romane.
Ce que l'on voit
La crypte du XIe siècle est organisée autour d'un pilier massif, creux, qui sert de reliquaire architectural : c'est à l'intérieur de ce pilier qu'est déposée la châsse contenant les reliques. Le pèlerin en fait le tour et prie au contact de cette maçonnerie, sans que les ossements soient visibles. La communauté bénédictine qui dessert la basilique célèbre l'office quotidien en grégorien et en français au-dessus de ce dépôt.
Son histoire
Après la destruction du Mont-Cassin par les Lombards à la fin du VIe siècle, le site italien reste longtemps abandonné. Selon la tradition de Fleury, l'abbé Mommolin envoie en Italie le moine Aigulfe, qui rapporte les restes de saint Benoît et de sainte Scholastique. La date de cette translation varie considérablement selon les auteurs : 653 pour Mabillon, 655 pour dom François Chazal, 660 pour les bénédictins du XVIIe siècle, et l'on trouve fréquemment la fourchette 660-672. L'événement fait la fortune de l'abbaye, qui prend le nom de Saint-Benoît-de-Fleury et devient un foyer de pèlerinage, de culture et d'enseignement. Des parcelles sont ensuite distribuées, notamment à Perrecy-les-Forges en 887, à Montpellier en 1364 à la demande pontificale et à l'abbaye du Bec en 1725. La Révolution disperse la communauté et fait détruire les bâtiments conventuels, mais l'église abbatiale échappe à la démolition et devient église paroissiale ; elle est restaurée de 1836 à 1923. Une communauté bénédictine est réinstallée en 1944 et compte aujourd'hui une trentaine de moines.
La possession des reliques de saint Benoît par Fleury est contestée depuis les origines et l'abbaye du Mont-Cassin revendique toujours le corps de son fondateur. Les pièces du dossier sont anciennes : vers 750-754, le pape Zacharie écrit aux évêques francs pour réclamer la restitution des reliques à la demande de l'abbé Optatus, et une tradition de Fleury raconte que l'abbé Médon ne remit aux envoyés cassinésiens que des fragments. Les historiens relèvent aussi que le Mont-Cassin n'a pas protesté pendant plusieurs siècles, entre le VIIIe et le XIe, avant de reprendre sa revendication. Le litige n'est pas tranché ici : deux communautés affirment détenir le même corps, chacune avec sa chaîne documentaire, et aucune expertise contemporaine publiée ne permet de départager les deux dépôts. S'y ajoute l'incertitude sur la date même de la translation, que les érudits placent entre 653 et 672.
Depuis quand elle est là
La présence des reliques à Fleury est affirmée par les sources monastiques dès la seconde moitié du VIIe siècle et le culte y est documenté de manière continue depuis le VIIIe siècle, en particulier par la fête de la translation célébrée le 11 juillet. L'abbaye tire son nom même de cette présence.
Le reliquaire
Châsse déposée à l'intérieur du pilier central creux de la crypte romane du XIe siècle, sous le chœur de la basilique.
La voir
Les reliques ne font pas l'objet d'une exposition ostensoire : la crypte est ouverte aux pèlerins et aux visiteurs aux heures d'ouverture de la basilique, en dehors des offices. La fête de la translation de saint Benoît est célébrée le 11 juillet, également fête de saint Benoît patron de l'Europe.
Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.
Sources consultées pour cette fiche :