Reliques de saint Trophime
Basilique primatiale Saint-Trophime d'Arles · Arles, Bouches-du-Rhône
Ancienne cathédrale des archevêques d'Arles, Saint-Trophime affirme conserver les reliques du premier évêque de la cité, transférées solennellement des Alyscamps dans l'église romane en 1152. Elles sont aujourd'hui réunies avec les autres reliques de la primatiale dans une chapelle absidale, la chapelle des Reliques, aménagée à cette fin à la fin du XIXe siècle.
Ce que l'on voit
L'édifice ne présente plus de tombeau ni de crypte de saint Trophime : la vaste crypte construite pour accueillir les reliques a disparu lors de la reconstruction du chevet à la fin du Moyen Âge, et des fouilles menées en 1870 en ont seulement retrouvé l'emprise, sous le chevet, le transept et les deux dernières travées de la nef. Les reliques sont conservées dans la première des trois petites chapelles absidales adossées à l'ancienne sacristie, à la suite de celle du Sacré-Cœur, chapelle dédiée au XIXe siècle à l'apôtre d'Arles avant d'être transformée en dépôt commun des reliques de l'église : peintures murales, reliquaires acquis pour l'occasion, grille de fer forgé à l'entrée. Une inscription du bas-côté nord rappelle la tradition qui fait de Trophime l'« apôtre des Gaules », et le portail sculpté de la façade, vers 1180, le montre parmi les apôtres aux côtés du diacre Étienne, cotitulaire de l'église.
Son histoire
Trophime est tenu par la tradition arlésienne pour le premier évêque de la cité, envoyé en Gaule au IIIe siècle ; le premier évêque d'Arles historiquement attesté est Marcien, vers 254. Son tombeau était vénéré dans la nécropole des Alyscamps, où les pèlerins de la route de Compostelle s'arrêtaient. L'église cathédrale, d'abord dédiée à saint Étienne, est reconstruite à partir de 1100 environ ; les reliques, retirées en 1078 pendant les travaux et déposées aux Alyscamps, y sont ramenées le 29 septembre 1152 lors d'une translation organisée par l'archevêque Raimon de Montredon, et le vocable de Saint-Trophime, qui s'imposait depuis la fin du Xe siècle, remplace alors celui de Saint-Étienne. Le chevet gothique construit entre 1454 et 1465 fait disparaître la crypte des reliques. À la Révolution, l'église est transformée en temple de la Raison puis de l'Être suprême et son mobilier d'origine largement détruit ; le siège archiépiscopal supprimé, elle est déclassée en simple église paroissiale en 1801. Léon XIII lui confère le titre de basilique mineure en 1882, et deux ans plus tard, le 28 septembre 1884, une translation présidée par Mgr Forcade, archevêque d'Aix et Arles, assisté de Mgr Vigne, installe l'ensemble des reliques de la primatiale dans la chapelle aménagée par l'archiprêtre Bernard.
L'existence historique de Trophime est admise, mais sa mission au Ier siècle comme envoyé de saint Paul relève de la légende apostolique forgée au Moyen Âge pour appuyer les prétentions primatiales d'Arles ; les études actuelles le situent au IIIe siècle et le qualifient d'évêque légendaire. Les reliques ont connu au moins deux déplacements documentés, en 1078 et en 1152. La Révolution a détruit ou dispersé la plus grande partie du mobilier et de l'orfèvrerie de l'église, et les reliquaires visibles aujourd'hui dans la chapelle sont des acquisitions de la fin du XIXe siècle liées à l'aménagement de l'archiprêtre Bernard. Les sources publiques consultées ne détaillent pas la nature exacte ni l'inventaire des ossements attribués à saint Trophime qui subsistent dans cette chapelle ; un inventaire imprimé en existe, publié en 1884 par l'archiprêtre Bernard sous le titre Les reliques conservées dans la basilique primatiale de St-Trophime d'Arles, qui n'a pas pu être consulté en ligne.
Depuis quand elle est là
Le culte du tombeau aux Alyscamps est ancien, mais la présence des reliques dans l'édifice actuel est documentée par la translation du 29 septembre 1152 ; leur regroupement dans la chapelle des Reliques est daté du 28 septembre 1884.
Le reliquaire
Reliquaires acquis à la fin du XIXe siècle par l'archiprêtre Bernard pour l'aménagement de la chapelle des Reliques, complétés par une grille de fer forgé et un lustre exécutés par le serrurier Noyer. Ni l'auteur ni la date précise de chaque pièce ne sont documentés par les sources consultées.
La voir
Pas d'ostension solennelle ni de procession annuelle documentée par les sources consultées. La chapelle des Reliques se visite aux heures d'ouverture de la basilique, aujourd'hui église paroissiale d'Arles confiée à la Communauté Saint-Martin depuis 2017.
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Sources consultées pour cette fiche :