Reliques de sainte Geneviève
Église Saint-Étienne-du-Mont · Paris, Paris
L'église Saint-Étienne-du-Mont, sur la montagne Sainte-Geneviève dans le 5e arrondissement, abrite le reliquaire de la patronne de Paris. Il ne contient pas son corps, brûlé pendant la Révolution, mais des pierres de son sarcophage primitif et quelques fragments d'ossements conservés hors de Paris avant 1793.
Ce que l'on voit
Dans une chapelle néogothique aménagée en 1853, à droite du chœur, une grande châsse de cuivre repoussé et doré est présentée sur un socle élevé, entourée d'ex-voto et de vitraux de 1869 qui racontent la vie de la sainte. Ce que la châsse renferme est de deux natures: des pierres provenant du sarcophage où le corps de Geneviève avait reposé jusqu'au IXe siècle, retrouvées au début du XIXe siècle, et de rares fragments corporels qui avaient été distribués à d'autres sanctuaires avant la Révolution, notamment un avant-bras et des phalanges. La confrérie des porteurs de la châsse assure encore le portage lors de la neuvaine.
Son histoire
Geneviève, née à Nanterre vers 420 et morte vers 500, est inhumée sur la colline qui portera son nom, dans l'église que Clovis et Clotilde font bâtir sur son tombeau. Ses reliques sont enchâssées par saint Éloi au VIIe siècle, puis dans une châsse de vermeil de l'orfèvre parisien Bonnard livrée vers 1240 et remaniée en 1614; elles sont portées en procession dans Paris à chaque calamité publique. Le 4 avril 1791, l'abbatiale devenue église Sainte-Geneviève est sécularisée en Panthéon; la châsse est transportée le 14 août 1792 à Saint-Étienne-du-Mont, puis conduite en 1793 à la Monnaie où les pierres précieuses sont pillées et le métal fondu. Les ossements sont brûlés de nuit en place de Grève sur ordre du Conseil général de Paris et les cendres jetées à la Seine; les sources divergent sur la date exacte, le 21 novembre ou le 3 décembre 1793. Au début du XIXe siècle, le curé de Saint-Étienne-du-Mont, François-Amable de Voisins, fait rechercher dans la crypte de l'ancienne église un fragment du sarcophage primitif, retrouvé vers 1802 et 1803 et placé en 1807 dans une châsse à Saint-Étienne-du-Mont, tandis que sont rassemblées les reliques dispersées hors de Paris avant la Révolution, avec notamment une reconnaissance de reliques venues de l'abbaye de Chelles en 1854.
Le cas est explicite et l'église ne le dissimule pas: les reliques corporelles enchâssées depuis le haut Moyen Âge ont été brûlées en place de Grève en 1793 et leurs cendres jetées à la Seine, et la châsse de Bonnard a été fondue à la Monnaie. Ce qui est vénéré aujourd'hui relève de deux catégories distinctes, à savoir des pierres du sarcophage primitif, qui sont des reliques de contact avec le corps et non des restes, et quelques fragments corporels qui avaient quitté Paris avant la Révolution et dont la provenance a été examinée au XIXe siècle, notamment lors de la reconnaissance de 1854. Les sources divergent sur la date du brûlement, 21 novembre ou 3 décembre 1793, et l'attribution précise de la grande châsse actuelle est incertaine: la chapelle date de 1853, une châsse de Poussielgue-Rusand livrée en 1822 se trouve aujourd'hui à Notre-Dame de Paris, et une châsse de l'orfèvre Louis Favier est documentée à Saint-Étienne-du-Mont en 1896.
Depuis quand elle est là
La présence du sarcophage et des reliques rassemblées à Saint-Étienne-du-Mont est documentée depuis le début du XIXe siècle: transfert de la pierre du tombeau vers 1802 et 1803, mise en châsse en 1807, aménagement de la chapelle néogothique en 1853, reconnaissance de 1854. Aucune continuité n'existe avec la châsse médiévale, détruite en 1793.
Le reliquaire
Grande châsse de cuivre repoussé et doré du XIXe siècle, dans la chapelle des reliques de style néogothique aménagée en 1853, ornée de vitraux de 1869. Une châsse due à l'orfèvre Louis Favier est documentée pour l'église en 1896; la châsse de Poussielgue-Rusand de 1822, souvent associée à la sainte, est conservée à Notre-Dame de Paris.
La voir
Châsse visible en permanence aux heures d'ouverture de l'église. Neuvaine de sainte Geneviève chaque année du 3 au 11 ou 12 janvier, avec messes quotidiennes suivies de la vénération des reliques, et procession de la châsse. En 2026, la neuvaine s'achève par une messe le dimanche 11 janvier à 15h suivie à 16h d'une procession des reliques vers Notre-Dame. Fête liturgique le 3 janvier.
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Sources consultées pour cette fiche :