Terre de Saints
Corps saint Rémi de Reims

Tombeau de saint Rémi

Basilique Saint-Remi de Reims · Reims, Marne

La basilique Saint-Remi de Reims abrite, derrière le maître-autel, le tombeau de l'évêque qui baptisa Clovis. Le monument que l'on voit est une reconstitution néogothique de 1847 : la châsse d'orfèvrerie médiévale a été profanée et fondue à la Révolution, et les reliques, jetées en fosse commune, n'ont été exhumées qu'en 1795.

Ce que l'on voit

Le tombeau se présente comme un mausolée de style gothique flamboyant d'environ quatre mètres de haut sur trois de large, dressé dans le chœur derrière l'autel. Une grille de ferronnerie ouvre en façade sur la châsse qui renferme les restes du saint ; l'arrière porte un relief du baptême de Clovis surmonté de la colombe de la Sainte Ampoule, et les faces latérales alignent les statues des douze pairs ecclésiastiques et laïques de France, dont plusieurs proviennent du tombeau de 1537. À l'intérieur du mausolée se trouve une châsse-reliquaire de bronze doré réalisée en 1896.

Son histoire

Rémi, évêque de Reims pendant plus de soixante-dix ans, meurt en 533 ; son corps est transféré un 1er octobre, date qui devient sa fête. Une première châsse d'argent est réalisée vers 852 à l'initiative de l'archevêque Hincmar. Le tombeau est refait à cinq reprises, en 1537 notamment, avec des statues attribuées au sculpteur Pierre Jacques, puis en 1646 les reliques sont transférées dans une nouvelle châsse d'argent et de pierres précieuses due à l'orfèvre rémois Antoine Lespicier. La Révolution disperse la communauté bénédictine et emporte le trésor : la Sainte Ampoule est brisée en 1793, la châsse d'argent massif est profanée puis fondue, et les restes de saint Rémi sont jetés dans une fosse commune dont des paroissiens repèrent soigneusement l'emplacement, rue du Ruisselet. Les reliques sont exhumées en juillet 1795 et replacées dans la basilique en 1803, à l'intérieur d'une châsse de bois du XVIIe siècle vidée pendant la Révolution, transformée en petit mausolée recouvert de feuilles d'argent, aujourd'hui conservée au musée Saint-Remi. Un nouveau transfert a lieu en 1824. Le monument actuel, dû à l'architecte Narcisse Brunette et au sculpteur Michel Wendling, est inauguré le 3 octobre 1847, et la châsse de bronze doré qu'il abrite est réalisée pour le quatorzième centenaire du baptême de Clovis, en 1896.

Ce que l'on sait de son authenticité

Le diocèse et la basilique présentent le mausolée comme abritant les reliques de saint Rémi, sans que l'on dispose d'une expertise moderne des ossements. Le point essentiel est celui de la chaîne matérielle : la châsse d'orfèvrerie médiévale, refaite en 1646, a été profanée et fondue pendant la Révolution, et les reliques ont séjourné en fosse commune avant d'être exhumées en juillet 1795 sur la foi d'un repérage fait par des fidèles. Ce que le tombeau abrite aujourd'hui est donc ce qui a été récupéré de cette fosse, replacé successivement en 1803, en 1824, puis dans la châsse de bronze doré de 1896. Le monument lui-même n'est pas médiéval : c'est une reconstitution de 1847, qui réemploie des statues du tombeau de 1537. Les sources consultées ne donnent pas la date exacte de la fonte de la châsse d'argent, seulement son rattachement aux confiscations révolutionnaires.

Depuis quand elle est là

Le culte sur le tombeau de saint Rémi est attesté dès la fin du VIe siècle, avec une tradition locale de célébration au début d'octobre. Le tombeau est classé au titre des monuments historiques depuis 1841.

Le reliquaire

Châsse-reliquaire de bronze doré réalisée en 1896 pour le quatorzième centenaire du baptême de Clovis, placée à l'intérieur du mausolée néogothique de 1847 conçu par Narcisse Brunette et sculpté par Michel Wendling. La châsse de bois du XVIIe siècle dite de 1803, recouverte de feuilles d'argent et dorée, qui avait accueilli les reliques exhumées, est conservée au musée Saint-Remi.

La voir

Le tombeau est visible en permanence dans le chœur de la basilique. La fête de saint Rémi, le 1er octobre, est célébrée à Reims au rang de solennité en mémoire de la translation de son corps, et une messe en l'honneur du patron du diocèse a lieu le premier dimanche d'octobre : l'archevêque y allume la couronne de lumière et ses quatre-vingt-seize cierges, un par année de la vie du saint. La châsse et les reliquaires sont portés en procession à cette occasion. En 1996, le quinzième centenaire du baptême de Clovis a donné lieu à de grandes célébrations, dont la messe présidée par Jean-Paul II à l'aéroport de Reims le dimanche 22 septembre 1996.

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