Terre de Saints
Chef Marie-Madeleine

Chef de sainte Marie-Madeleine

Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume · Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Var

La crypte de la basilique conserve un crâne présenté comme celui de sainte Marie-Madeleine, enfermé dans un reliquaire de bronze doré. Le sanctuaire y associe une mèche de cheveux et la relique dite Noli me tangere.

Ce que l'on voit

Dans la crypte, sous le chœur, un grand reliquaire de bronze doré et d'émaux en forme de buste laisse voir un crâne humain. La mâchoire inférieure, absente à l'origine, provient selon la tradition du trésor du Latran et aurait été remise par le pape Boniface VIII à Charles II d'Anjou. Sous le crâne, un tube de cristal scellé à ses deux extrémités par des fermoirs de vermeil renferme le Noli me tangere, fragment de matière adhérant à l'os frontal, que la piété identifie à l'endroit où le Christ aurait posé les doigts au matin de la Résurrection. De petites reliques attribuées à Lazare et à Marthe encadrent l'ensemble, et une mèche de cheveux est conservée à la sacristie. La crypte abrite aussi quatre sarcophages paléochrétiens en marbre.

Son histoire

Le sanctuaire repose sur la tradition provençale de la venue de Marie-Madeleine en Gaule et de sa retraite à la grotte de la Sainte-Baume. En 1279, Charles II d'Anjou, prince de Salerne, futur roi de Sicile et comte de Provence, fait fouiller la crypte enfouie sous un petit prieuré bénédictin de Saint-Maximin et annonce la découverte du tombeau de la sainte, avec une fenestella comparable à celle du tombeau de Pierre à Rome et une inscription attribuant les restes à Marie-Madeleine. Le pape Boniface VIII authentifie la découverte à la fin du XIIIe siècle et Charles II fait édifier la basilique gothique et installer un couvent dominicain. À la Révolution, les reliquaires de la basilique disparaissent et sont fondus ; la tradition locale rapporte que le sacristain Bastide recueillit le crâne tandis que des familles de Saint-Maximin cachèrent divers ossements jusqu'au retour du calme. Le reliquaire actuel est réalisé en 1860 par le sculpteur Didron d'après un dessin de l'architecte Henri Revoil, en reprenant le parti de la pièce détruite.

Ce que l'on sait de son authenticité

L'Église n'a jamais imposé comme article de foi l'attribution de ces restes à Marie-Madeleine, et le sanctuaire lui-même, à la suite du père Marie-Étienne Vayssière, insiste sur la portée spirituelle du lieu plus que sur la démonstration historique. Une expertise de 1974 a conclu que le crâne est celui d'une femme d'une cinquantaine d'années, de type méditerranéen. En 2017, une équipe d'une dizaine de chercheurs conduite par le médecin légiste Philippe Charlier, de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, a travaillé un an sur la relique ; le crâne ne pouvant être extrait du reliquaire, l'équipe a constitué un relevé photogrammétrique d'environ quatre cents clichés pour bâtir un modèle tridimensionnel de sa surface, complété par des données anthropologiques et par l'examen des cheveux adhérents, et a présenté une reconstitution faciale le 8 septembre 2017 lors du septième congrès international de pathographie. Ces travaux décrivent une femme aux pommettes saillantes et au nez proéminent, mais ne datent ni n'identifient nominalement la personne, et le reliquaire n'a pas été ouvert. La concurrence de Vézelay, sanctuaire madeleinien majeur depuis le XIe siècle, n'a jamais été arbitrée par une autorité tranchant l'authenticité.

Depuis quand elle est là

La présence des reliques en ce lieu est documentée à partir de la découverte de 1279 et de sa reconnaissance pontificale sous Boniface VIII, puis par une continuité de culte dominicain jusqu'à la Révolution et après elle. Les objets antérieurs à 1789 ont disparu, mais l'identification du crâne conservé aujourd'hui avec celui exhumé en 1279 repose sur la chaîne de témoignages locale de la période révolutionnaire.

Le reliquaire

Reliquaire-buste de bronze doré et d'émaux, exécuté en 1860 par le sculpteur Didron sur un dessin de l'architecte Henri Revoil, en remplacement du reliquaire disparu à la Révolution.

La voir

Le reliquaire est visible en permanence dans la crypte de la basilique. Une fois l'an, pour la fête de sainte Marie-Madeleine le 22 juillet, il est sorti et porté en procession dans la ville, puis présenté dans le chœur de la basilique pour la vénération publique.

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