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Fragment Marie-Madeleine

Relique de sainte Marie-Madeleine

Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay · Vézelay, Yonne

Vézelay a été le grand sanctuaire madeleinien de l'Occident médiéval, mais les reliques qu'elle possédait ont été détruites par les huguenots en 1569. La relique vénérée aujourd'hui dans la crypte est un fragment revenu du trésor de la cathédrale de Sens en 1876.

Ce que l'on voit

Dans la crypte carolingienne restaurée, sous le chœur de la basilique, un reliquaire abrite un fragment osseux attribué à Marie-Madeleine. Ce n'est pas un corps ni un chef : la basilique présente une relique de dimension modeste, réintroduite au XIXe siècle. Le reliquaire offert en 1876 porte les figures de saint Louis, du cardinal Simon de Brion, de saint Bernard et de l'abbé de Vézelay, rappelant l'histoire de la relique.

Son histoire

La tradition de l'abbaye place l'arrivée des reliques de Marie-Madeleine à Vézelay en 882 ; l'abbé les expose en 1037 et la sainte devient officiellement patronne de l'abbaye vers 1050. L'afflux des pèlerins impose l'agrandissement de l'église entre 1096 et 1104, et Vézelay devient l'un des grands départs de la chrétienté, lieu de prédication de la deuxième croisade en 1146. En 1267 a lieu une translation solennelle en présence du cardinal Simon de Brion, légat du pape et futur Martin IV, et du roi Louis IX, qui offre deux reliquaires ; à cette occasion, une relique quitte Vézelay pour le trésor de la cathédrale de Sens. La découverte de 1279 à Saint-Maximin en Provence ruine le monopole de Vézelay et détourne le pèlerinage vers le Var. En 1569, pendant les guerres de Religion, les huguenots saccagent l'abbaye et détruisent les reliques qui y étaient conservées. Un petit fragment venu de Sens est rendu au sanctuaire en 1870, ce qui relance le pèlerinage, puis en 1876 l'archevêque Bernadou fait transférer à Vézelay la totalité de la relique confiée six siècles plus tôt au trésor de Sens ; la fête du 22 juillet est rétablie la même année. La relique est volée le 29 juin 1898, retrouvée en décembre de la même année dans un cimetière de Briare et rendue définitivement à Vézelay en 1899.

Ce que l'on sait de son authenticité

Vézelay ne prétend pas conserver le corps de Marie-Madeleine. Le sanctuaire expose sans ambiguïté que ses reliques médiévales ont été anéanties en 1569 et que la relique actuelle est un retour du trésor de Sens, lui-même issu du prélèvement de 1267. Les origines de la présence madeleinienne à Vézelay ont fait l'objet d'un examen critique par les historiens, notamment sur la tradition d'une translation depuis la Provence au IXe siècle. La revendication de Saint-Maximin, appuyée sur la découverte de 1279 et la reconnaissance de Boniface VIII, et celle de Vézelay, appuyée sur une antériorité de culte remontant au XIe siècle, coexistent depuis plus de sept siècles sans qu'aucune instance ait départagé les deux lieux.

Depuis quand elle est là

Le culte des reliques à Vézelay est documenté depuis le XIe siècle et la sainte y est patronne de l'abbaye vers 1050. En revanche, la relique aujourd'hui présente n'y est documentée que depuis 1870 et 1876 : entre 1569 et cette date, le sanctuaire est resté sans relique de la sainte.

Le reliquaire

Reliquaire offert lors du transfert de 1876, orné des figures de saint Louis, du cardinal Simon de Brion, de saint Bernard et de l'abbé de Vézelay, conservé dans la crypte.

La voir

La relique est vénérée dans la crypte, ouverte aux pèlerins aux heures d'ouverture de la basilique, desservie par les Fraternités monastiques de Jérusalem. Le pèlerinage annuel a lieu autour du 22 juillet, fête de sainte Marie-Madeleine, élevée au rang de fête dans le calendrier romain par le pape François en 2016.

Ailleurs, du même saint

Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.

Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.

Sources consultées pour cette fiche :

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