Abbaye Saint-Victor de Marseille
Marseille, Bouches-du-Rhône · Provence-Alpes-Côte d'Azur
Bâtie sur une nécropole antique au-dessus du Vieux-Port, Saint-Victor est l'un des plus anciens lieux de vie monastique d'Occident. Chaque 2 février, à l'aube, la ville y monte en procession derrière une Vierge noire, cierge vert à la main.
Son histoire
La tradition attribue la fondation du monastère à Jean Cassien, venu d'Orient, arrivé à Marseille en 416 et mort vers 433. Il l'établit près des tombes chrétiennes qui entourent celle de Victor, soldat martyrisé à Marseille en 303 ou 304 sous Maximien. La règle bénédictine y est introduite en 977 par l'évêque Honorat, et l'église est consacrée le 15 octobre 1040 par le pape Benoît IX. L'abbatiale que l'on voit, fortifiée, est reconstruite entre 1201 et 1279. En 1362, l'abbé Guillaume de Grimoard est élu pape sous le nom d'Urbain V : il lance de grands travaux à partir du 9 janvier 1363, revient sur place le 11 octobre 1365, et son corps est ramené à Saint-Victor le 5 juin 1372, un an et demi après sa mort à Avignon. Pie XI érige l'église en basilique mineure en 1934, et en 1968 la collection de sarcophages paléochrétiens est transférée du musée Borély dans les cryptes, qui lui rendent son sens.
Aujourd'hui
Saint-Victor est une paroisse vivante du diocèse de Marseille et une basilique mineure. Son temps fort est la Chandeleur : le 2 février, dès l'aube, des milliers de personnes montent du Vieux-Port au parvis derrière la Vierge noire, cierge vert en main ; l'archevêque bénit la ville et la mer, puis le Four des Navettes voisin dont les biscuits sont bénis à leur tour. La Vierge redescend ensuite dans les cryptes, où des messes sont célébrées plusieurs fois par jour pendant l'octave qui suit.
Ce que le lieu conserve
Les cryptes sont le cœur du lieu : on y descend dans un enchevêtrement de galeries, de chapelles et de sarcophages paléochrétiens, autour du martyrium où l'on vénérait Victor. C'est là que se tient Notre-Dame de la Confession, une Vierge noire en bois de noyer haute de quatre-vingt-dix-huit centimètres, dont la datation proposée va de la fin du XIIe au début du XIVe siècle, le bois ayant noirci en vieillissant. L'abbaye conserve aussi le tombeau d'Urbain V. Sur ce que les sarcophages contiennent exactement et sur l'identité des corps, la prudence s'impose : le site a été fouillé, pillé et réaménagé pendant quinze siècles.
Le saint qui y repose
- Urbain V · 200e pape de l'Église catholique, de 1362 à 1370 · fête le 19 décembre
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Sources consultées pour cette fiche :