Terre de Saints
Fragment Louis IX

Reliques de saint Louis

Cathédrale Notre-Dame de Paris · Paris, Paris

Le corps de Louis IX, mort devant Tunis en 1270, a été divisé dès sa mort puis démembré en reliques distribuées dans toute l'Europe, avant d'être en grande partie détruit à la Révolution. Notre-Dame de Paris conserve aujourd'hui une côte et une partie de la mâchoire inférieure, seuls restes osseux du roi encore identifiés à Paris.

Ce que l'on voit

Le trésor de la cathédrale conserve une côte et un fragment de la mâchoire inférieure attribués à Louis IX. Ces ossements ne sont pas exposés en permanence à la vénération comme le sont les reliques de la Passion. La cathédrale garde par ailleurs, dans la vitrine du trésor, la chemise dite de saint Louis, relique de contact et non de corps : une pièce de lin d'environ 111 cm sur 43, à laquelle il manque une manche, accompagnée d'une étiquette de parchemin ancienne l'identifiant comme la chemise du roi. Attestée au trésor de la Sainte-Chapelle dès 1480, elle est passée à Saint-Denis en 1791, à la Bibliothèque nationale en 1793, puis à Notre-Dame en 1804 ; elle est classée au titre objet depuis 1974 et a été restaurée en 2014.

Son histoire

Louis IX meurt devant Tunis le 25 août 1270 pendant sa seconde croisade. Son corps subit le traitement dit mos teutonicus : bouilli pour séparer les chairs des os et permettre le rapatriement. Son frère Charles d'Anjou obtient les chairs et les entrailles, qu'il dépose à l'abbaye bénédictine de Monreale, près de Palerme, où elles resteront près de six siècles. Les ossements repartent vers la France avec Philippe III et arrivent à Paris le 21 mai 1271, pour être inhumés à Saint-Denis le lendemain. Après la canonisation prononcée par Boniface VIII en 1297, le démembrement commence : le 17 mai 1306, Philippe le Bel fait porter le crâne à la Sainte-Chapelle dans un buste-reliquaire couronné, tandis qu'une côte est transférée à Notre-Dame et que les moines de Saint-Denis gardent une partie de la mâchoire inférieure. Aux XIVe, XVe et XVIe siècles, les rois de France distribuent des fragments jusqu'en Norvège, en Suède, à Prague et à Rome. En octobre 1793, les révolutionnaires vident les tombes de Saint-Denis, jettent les corps royaux dans deux fosses communes recouvertes de chaux vive et envoient les reliquaires à la fonte ; en 1817, les ossements retrouvés sont rassemblés dans un ossuaire de la crypte, la chaux ayant rendu toute identification individuelle impossible. Les entrailles restées en Sicile connaissent une autre trajectoire : offertes par François II des Deux-Siciles au cardinal Lavigerie, elles sont vénérées à la cathédrale de Carthage jusqu'au modus vivendi de 1964 entre le Saint-Siège et la Tunisie, transférées à l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Tunis, remises en 1985 à l'évêché de Saint-Denis, puis déposées solennellement le 16 octobre 2011 à la cathédrale Saint-Louis de Versailles, où elles sont aujourd'hui offertes à la vénération.

Ce que l'on sait de son authenticité

Aucune expertise moderne des restes attribués à Louis IX n'est rapportée par les sources consultées. Ce qui est établi documentairement, c'est la chronologie des partages et des transferts. Ce que la Révolution a détruit est considérable : les reliquaires d'orfèvrerie de Saint-Denis et de la Sainte-Chapelle ont été fondus, le buste-reliquaire contenant le crâne a disparu, et les ossements royaux de Saint-Denis sont depuis 1817 mêlés dans un ossuaire collectif où plus rien n'est identifiable nominativement. Il ne reste donc à Saint-Denis aucune relique individualisée du roi. Les fragments conservés à Notre-Dame, une côte et une partie de mâchoire, ont échappé à cette destruction ; l'archevêque de Paris en a d'ailleurs prélevé une part en 1926 pour l'église Saint-Louis de Montréal. La cathédrale Saint-Louis de La Rochelle, dont le vocable a nourri la confusion, n'est pas mentionnée par les sources consultées comme dépositaire d'une relique du roi.

Depuis quand elle est là

La présence d'une relique de saint Louis à Notre-Dame de Paris est documentée depuis le partage de 1306 voulu par Philippe le Bel. La présence des reliques rapportées de Monreale à Versailles est documentée depuis le 16 octobre 2011.

Le reliquaire

Les sources consultées ne documentent pas précisément la monture actuelle des ossements conservés au trésor de Notre-Dame. Les grands reliquaires du trésor, dont celui de la sainte Couronne d'épines, ont été refaits au XIXe siècle par l'orfèvre Placide Poussielgue-Rusand, l'ensemble étant livré en 1862.

La voir

La fête de saint Louis est célébrée le 25 août. Les ossements conservés à Notre-Dame ne font pas l'objet d'une ostension régulière documentée par les sources consultées, contrairement aux reliques de la Passion. Les reliques venues de Monreale, elles, sont proposées à la vénération à la cathédrale Saint-Louis de Versailles depuis le 16 octobre 2011.

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