La Couronne d'épines
Cathédrale Notre-Dame de Paris · Paris, Paris
Cercle de joncs tressés que la tradition identifie à la couronne posée sur la tête du Christ lors de sa Passion, acquis à Constantinople par Louis IX en 1239. Elle est conservée à la cathédrale Notre-Dame de Paris, dans la châsse installée à la réouverture de décembre 2024.
Ce que l'on voit
Ce que l'on voit est un cercle de joncs tressés, sans épines, d'environ vingt et un centimètres de diamètre. Les tiges, identifiées comme du jonc de la Baltique (Juncus balticus), sont assemblées par des liens espacés et maintenues par un fil d'or. Les rameaux épineux qui l'entouraient ont disparu : Louis IX puis ses successeurs en ont détaché et distribué des épines à des églises et à des souverains pendant des siècles, ce qui explique la présence de saintes épines dans de nombreux sanctuaires d'Europe.
Son histoire
La relique est vénérée à Jérusalem à partir de la fin du IVe siècle, puis transférée à Constantinople. En 1238, l'empereur latin Baudouin II, aux abois financièrement, la met en gage auprès du banquier vénitien Nicolo Quirino ; Louis IX la rachète, les sources citant couramment un montant de l'ordre de 135 000 livres tournois, soit une fraction considérable des revenus annuels de la Couronne de France. Elle arrive à Villeneuve-l'Archevêque le 10 août 1239 et entre à Paris le 19 août suivant. Louis IX fait édifier pour elle et pour les autres reliques de la Passion la Sainte-Chapelle, achevée en 1248. À la Révolution, les reliquaires sont fondus et la Couronne, déposée à la Bibliothèque nationale, échappe à la destruction ; elle est remise à l'archevêque de Paris sous le régime du Concordat, en 1806, et rejoint le trésor de Notre-Dame. Le 15 avril 2019, elle est sauvée de l'incendie de la cathédrale par les sapeurs-pompiers et l'aumônier Jean-Marc Fournier, puis mise en dépôt au musée du Louvre le temps du chantier.
L'Église ne se prononce pas sur l'authenticité matérielle de la relique et n'a jamais engagé son autorité sur ce point : elle en autorise la vénération sans en garantir l'origine. Aucune datation par le radiocarbone n'a été publiée à ce jour sur l'objet. Ce qui est établi par les documents, c'est une chaîne de conservation continue depuis Constantinople au XIIIe siècle ; ce qui relève de la tradition, c'est l'identification de ce cercle de joncs avec la couronne de la Passion, transmise par les sources byzantines depuis le IVe siècle.
Depuis quand elle est là
La présence de la relique en France est documentée depuis 1239 par les actes de la transaction entre Baudouin II et Louis IX et par le récit de la réception à Villeneuve-l'Archevêque le 10 août 1239. Sa présence à Notre-Dame de Paris est documentée depuis sa remise à l'archevêque de Paris en 1806, après le Concordat.
Le reliquaire
Depuis 2024, la châsse-reliquaire conçue par l'architecte et designer Sylvain Dubuisson, haute de 3,60 mètres et large de 2,60 mètres, en bois de cèdre et bronze, installée le 19 novembre 2024 dans la chapelle axiale de la cathédrale, dite Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, et bénie après la réouverture du 8 décembre 2024 ; elle abrite également le fragment de la Vraie Croix et le Clou de la Passion. La Couronne elle-même repose dans le reliquaire annulaire de cristal de roche et vermeil de 1896, dessiné par l'architecte Jules Astruc et exécuté par l'orfèvre Maurice Poussielgue-Rusand.
La voir
La châsse est visible dans la chapelle axiale aux heures d'ouverture de la cathédrale. La Couronne est présentée en ostension chaque vendredi de l'après-midi et offerte à la vénération des fidèles le premier vendredi de chaque mois ainsi que le Vendredi saint ; les horaires exacts sont publiés par la cathédrale et sont susceptibles de varier.
Ailleurs, du même saint
Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.
- Le fragment de la Vraie Croix de Notre-Dame de Paris · Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris
- Le Clou de la Passion de Notre-Dame de Paris · Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris
- La relique de la Vraie Croix de sainte Radegonde · Abbaye Sainte-Croix, Saint-Benoît
- La Vraie Croix d'Anjou · Sanctuaire de la Vraie Croix d'Anjou, chapelle de La Girouardière, Baugé-en-Anjou
- Le Saint Mors · Cathédrale Saint-Siffrein, chapelle du Saint-Clou, Carpentras
- La Sainte Épine de Saint-Étienne · Église Sainte-Marie de la Visitation, chapelle du Magnificat, Saint-Étienne
- La Sainte Tunique d'Argenteuil · Basilique Saint-Denys, Argenteuil
- La Sainte Coiffe · Cathédrale Saint-Étienne, Cahors
- Le Saint Suaire de Cadouin · Abbaye de Cadouin, Le Buisson-de-Cadouin
- Le Saint Suaire de Besançon · Cathédrale Saint-Jean, chapelle du Saint-Suaire, Besançon
- Le Précieux Sang de Fécamp · Abbatiale de la Sainte-Trinité, Fécamp
- Le Saint Sang de Neuvy-Saint-Sépulchre · Basilique Saint-Étienne, ancienne collégiale Saint-Jacques, Neuvy-Saint-Sépulchre
- La Sainte Larme de Vendôme · Abbatiale de la Trinité, Vendôme
- La Sainte Vertu, dite le Saint Prépuce de Charroux · Abbaye Saint-Sauveur, Charroux
- La Sainte Face de Laon · Cathédrale Notre-Dame de Laon, Laon
Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.
Sources consultées pour cette fiche :- fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Couronne
- www.notredamedeparis.fr/venerations-de-la-couronne-depines/
- eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fet
- fr.aleteia.org/2024/11/07/j-30-le-nouveau-reliquaire-de-la-couronne-depines-devo
- revivre-notre-dame.fr/un-nouveau-reliquaire-pour-la-couronne-depines/