Le fragment de la Vraie Croix de Notre-Dame de Paris
Cathédrale Notre-Dame de Paris · Paris, Paris
Morceau de bois de vingt-quatre centimètres que la tradition rattache à la croix de la crucifixion, provenant du trésor de la Sainte-Chapelle. Il est conservé à Notre-Dame de Paris avec la Couronne d'épines et le Clou de la Passion.
Ce que l'on voit
Un fragment de bois d'environ vingt-quatre centimètres, présenté dans un étui de cristal. Il porte à l'une de ses extrémités une mortaise, c'est-à-dire une entaille d'assemblage, que les descriptions rattachent à l'emboîtement d'une traverse. C'est l'un des plus grands fragments de bois de la Croix conservés en Occident.
Son histoire
Le fragment fait partie du lot de reliques de la Passion acquises par Louis IX auprès de l'empereur latin de Constantinople Baudouin II entre 1239 et 1242, et déposées à la Sainte-Chapelle avec la Couronne d'épines. À la Révolution, les reliquaires d'orfèvrerie de la Sainte-Chapelle sont saisis et fondus, mais les reliques elles-mêmes sont dispersées puis récupérées. Le fragment est remis à l'archevêque de Paris en 1805 et rejoint le trésor de Notre-Dame. Il en sort le 15 avril 2019 avec les autres reliques de la Passion, lors de l'incendie de la cathédrale, et est mis en dépôt au musée du Louvre pendant le chantier de restauration. Il est revenu à la cathédrale pour la réouverture de décembre 2024.
Aucune analyse scientifique publique (datation, identification de l'essence de bois) n'est documentée sur ce fragment. Le parcours attesté remonte au trésor impérial de Constantinople ; au-delà, l'identification à la croix de la crucifixion repose sur la tradition de l'invention de la Croix par sainte Hélène au IVe siècle, rapportée par des sources du IVe et du Ve siècle mais sans pièce contemporaine de l'événement. L'Église autorise la vénération sans se prononcer sur l'authenticité matérielle.
Depuis quand elle est là
L'entrée du fragment dans le trésor royal français est documentée par les actes des acquisitions de Louis IX de 1239 à 1242 ; sa présence à Notre-Dame de Paris est documentée depuis sa remise à l'archevêque en 1805.
Le reliquaire
Le fragment est présenté dans un étui de cristal, aujourd'hui abrité dans la châsse-reliquaire de Sylvain Dubuisson installée en novembre 2024 dans la chapelle axiale de la cathédrale.
La voir
Visible dans la châsse de la chapelle axiale aux heures d'ouverture de la cathédrale ; présenté avec la Couronne d'épines lors des vénérations du premier vendredi du mois et du Vendredi saint.
Ailleurs, du même saint
Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.
- La Couronne d'épines · Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris
- Le Clou de la Passion de Notre-Dame de Paris · Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris
- La relique de la Vraie Croix de sainte Radegonde · Abbaye Sainte-Croix, Saint-Benoît
- La Vraie Croix d'Anjou · Sanctuaire de la Vraie Croix d'Anjou, chapelle de La Girouardière, Baugé-en-Anjou
- Le Saint Mors · Cathédrale Saint-Siffrein, chapelle du Saint-Clou, Carpentras
- La Sainte Épine de Saint-Étienne · Église Sainte-Marie de la Visitation, chapelle du Magnificat, Saint-Étienne
- La Sainte Tunique d'Argenteuil · Basilique Saint-Denys, Argenteuil
- La Sainte Coiffe · Cathédrale Saint-Étienne, Cahors
- Le Saint Suaire de Cadouin · Abbaye de Cadouin, Le Buisson-de-Cadouin
- Le Saint Suaire de Besançon · Cathédrale Saint-Jean, chapelle du Saint-Suaire, Besançon
- Le Précieux Sang de Fécamp · Abbatiale de la Sainte-Trinité, Fécamp
- Le Saint Sang de Neuvy-Saint-Sépulchre · Basilique Saint-Étienne, ancienne collégiale Saint-Jacques, Neuvy-Saint-Sépulchre
- La Sainte Larme de Vendôme · Abbatiale de la Trinité, Vendôme
- La Sainte Vertu, dite le Saint Prépuce de Charroux · Abbaye Saint-Sauveur, Charroux
- La Sainte Face de Laon · Cathédrale Notre-Dame de Laon, Laon
Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.
Sources consultées pour cette fiche :