Terre de Saints
Relique du Christ Jésus-Christ

Le Précieux Sang de Fécamp

Abbatiale de la Sainte-Trinité · Fécamp, Seine-Maritime

Deux petites ampoules que la tradition normande dit contenir des particules du sang du Christ recueillies par Nicodème. Elles sont conservées à l'abbatiale de la Sainte-Trinité de Fécamp, derrière le maître-autel.

Ce que l'on voit

Deux ampoules de métal renfermant des particules, conservées dans un reliquaire de cuivre doré d'une trentaine de centimètres de hauteur, réalisé au XIXe siècle. Depuis le XVIe siècle, l'ensemble est déposé dans un tabernacle encastré derrière le maître-autel de l'abbatiale ; le tabernacle de pierre qui l'abrite date de 1420 et porte des reliefs sculptés racontant la légende de l'arrivée de la relique.

Son histoire

La première attestation documentaire est la découverte, le 19 juillet 1171, de deux étuis de plomb contenant des particules présentées comme du sang du Christ. Autour de cette découverte, l'abbaye élabore entre 1171 et 1210 un récit d'origine qui adapte au pays de Caux la vénération du Volto Santo de Lucques : le sang aurait été recueilli par Nicodème lors de la descente de croix, caché dans un tronc de figuier jeté à la mer par Isaac, fils de Joseph d'Arimathie, et le bois aurait dérivé depuis la Méditerranée orientale jusqu'au rivage normand, où il se serait échoué à Fécamp. Le pèlerinage se développe fortement à partir de la fin du XIIe siècle et donne naissance à une foire, la foire de la Trinité, qui existe toujours. Une confrérie du Précieux Sang est érigée en 1906. Dans la nuit du 1er au 2 juin 2022, le reliquaire est dérobé dans la sacristie avec d'autres pièces du trésor ; retrouvé aux Pays-Bas le mois suivant, il est solennellement restitué à l'abbatiale le 13 septembre 2023.

Ce que l'on sait de son authenticité

Aucune analyse scientifique du contenu des ampoules n'est documentée. Les historiens ont montré que le récit d'origine est une élaboration monastique tardive, calquée sur un modèle italien, ce qui ne préjuge pas de la nature du contenu mais retire toute valeur documentaire à la légende du figuier. Ce qui est établi est l'ancienneté du culte, continu depuis 1171, et son rôle dans l'économie et l'identité de Fécamp. L'Église autorise la vénération sans se prononcer sur l'origine.

Depuis quand elle est là

La présence à Fécamp est documentée depuis le 19 juillet 1171, date de la découverte des deux étuis de plomb consignée par l'abbaye. Le récit du figuier et de Nicodème est postérieur et constitue une construction narrative datable des années 1171 à 1210, ce que les historiens ont établi.

Le reliquaire

Reliquaire de cuivre doré du XIXe siècle, d'environ trente centimètres de hauteur, renfermant deux ampoules de métal, déposé dans un tabernacle de pierre de 1420 encastré derrière le maître-autel.

La voir

Le pèlerinage du Précieux Sang a lieu chaque année, le mardi et le jeudi qui suivent la fête de la Trinité, avec procession et messe. L'abbatiale est ouverte à la visite le reste de l'année.

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