Terre de Saints
Relique de la Passion Jésus-Christ

La Sainte Coiffe

Cathédrale Saint-Étienne · Cahors, Lot

Linge que la tradition identifie au bandeau ayant enveloppé la tête du Christ au tombeau. Il est conservé à la cathédrale Saint-Étienne de Cahors, où il est visible tous les jours depuis 2019.

Ce que l'on voit

Un linge d'environ vingt-deux centimètres de hauteur, composé de huit épaisseurs de tissus de textures différentes cousues ensemble. L'ensemble est d'un jaune grisâtre, très encrassé par des siècles de manipulations et de contacts avec les pèlerins. La tradition juive du temps prévoyait de couvrir la tête du défunt d'un bandeau, désigné en hébreu par le mot pathil, destiné à maintenir la mâchoire fermée : c'est à cet usage que la relique est rattachée.

Son histoire

Trois hypothèses concurrentes sont avancées pour expliquer l'arrivée de la relique à Cahors : un don de Charlemagne vers 803, un rapport de Terre sainte par l'évêque Géraud de Cardaillac entre 1109 et 1113, ou une acquisition après le sac de Constantinople de 1204. Aucune n'est appuyée par un acte contemporain. La première mention documentaire de la Sainte Coiffe apparaît dans les comptes de la fabrique de la cathédrale en 1408. Le culte se développe et fait de Cahors un lieu de pèlerinage régional. Un examen conduit en 1839 conclut à la présence de sang humain, avec sérum, albumine et fibrine, selon les méthodes de l'époque. La relique cesse d'être présentée à la vénération après 1960 et reste enfermée dans la chapelle Saint-Gausbert. Elle est replacée dans un nouveau reliquaire et rendue visible au public le 14 avril 2019, à l'occasion du neuvième centenaire de la cathédrale ; l'ostension et la procession d'avril 2019 ont rassemblé plusieurs milliers de personnes et l'année anniversaire a attiré une quarantaine de milliers de visiteurs.

Ce que l'on sait de son authenticité

Le seul examen scientifique documenté est celui de 1839, qui conclut à des traces de sang humain avec les moyens d'analyse du XIXe siècle : ce résultat ne dit rien de la date ni de l'origine du linge, et ne peut être tenu pour une expertise moderne. Aucune datation par le radiocarbone n'a été publiée. La relique et son reliquaire sont classés au titre des monuments historiques depuis 1991, ce qui reconnaît une valeur patrimoniale et non une authenticité. L'Église autorise la vénération sans se prononcer.

Depuis quand elle est là

La présence de la relique à Cahors est documentée depuis 1408 par les comptes de la fabrique de la cathédrale. Tout ce qui précède cette date relève de traditions concurrentes et non de documents.

Le reliquaire

Reliquaire de bronze réalisé en 1899 par la maison Poussielgue-Rusand ; l'ensemble a été réinstallé dans la cathédrale le 14 avril 2019 dans une présentation nouvelle permettant la visite quotidienne.

La voir

Visible tous les jours dans la cathédrale Saint-Étienne, de 9 heures à 19 heures selon le sanctuaire, depuis avril 2019. Deux ostensions solennelles annuelles, à Pâques et à la Pentecôte. Horaires à vérifier auprès du sanctuaire.

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