Terre de Saints
Relique du Christ Jésus-Christ

La Sainte Larme de Vendôme

Abbatiale de la Trinité · Vendôme, Loir-et-Cher

Larme que le Christ aurait versée au tombeau de Lazare, conservée dans un cristal à l'abbaye de la Trinité de Vendôme et à l'origine d'un des plus grands pèlerinages d'Europe. La relique a disparu au début du XIXe siècle.

Ce que l'on voit

La relique n'existe plus. Les descriptions anciennes la présentent comme un bloc de cristal à l'intérieur duquel se voyait une goutte de liquide. Elle était abritée dans une armoire monumentale de pierre, sculptée de bas-reliefs racontant la vie et la mort de Lazare, détruite en 1803. L'abbatiale de la Trinité, elle, subsiste et se visite.

Son histoire

L'abbaye de la Trinité de Vendôme est fondée en 1033 par Geoffroy Martel, comte d'Anjou et de Vendôme. La tradition rapporte que la Sainte Larme lui fut remise par l'empereur de Constantinople et qu'il en fit don à l'abbaye en 1047 ; le récit veut que la larme versée par le Christ au tombeau de Lazare ait été recueillie par un ange et confiée à Marie-Madeleine. Une part de la relique est confiée par Geoffroy Martel à son vassal Pierre Ier de Chemillé. Le pèlerinage devient l'un des plus importants d'Europe et attire des fidèles jusque des Pays-Bas, du XIe siècle à la fin du XVIIIe. L'authenticité est vivement contestée dès le Moyen Âge, puis au XVIIe siècle, où Jean-Baptiste Thiers la conteste tandis que Jean Mabillon est amené à la défendre. Les bénédictins sont expulsés en 1790 ; le 25 octobre 1792, les autorités municipales saisissent les reliquaires pour leur métal. Le vase de cristal est donné en 1803 au cardinal Caprara et se perd lors de son transport de Vendôme vers Rome. L'armoire de pierre est détruite la même année.

Ce que l'on sait de son authenticité

L'authenticité de la Sainte Larme a été discutée avant même l'époque moderne, jusque dans les milieux savants catholiques : la controverse du XVIIe siècle entre Jean-Baptiste Thiers, qui la réfute, et Jean Mabillon, qui la défend, est un épisode connu de la critique historique naissante. La relique ayant disparu, aucune vérification n'est possible. D'autres Saintes Larmes ont été vénérées en France, notamment à Chemillé, à Allouagne dans le Pas-de-Calais et à Selincourt.

Depuis quand elle est là

La donation à l'abbaye est traditionnellement datée de 1047, sous Geoffroy Martel. La disparition est documentée pour 1803, à l'occasion du transfert au cardinal Caprara. Le nom de la relique survit localement dans une pâtisserie vendômoise appelée sainte larme.

La voir

Sans objet, la relique ayant disparu en 1803. L'abbatiale de la Trinité de Vendôme est ouverte à la visite.

Ailleurs, du même saint

Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.

Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.

Sources consultées pour cette fiche :

Toutes les reliques