Terre de Saints
Relique de la Passion Jésus-Christ

Le Saint Mors

Cathédrale Saint-Siffrein, chapelle du Saint-Clou · Carpentras, Vaucluse

Mors de cheval en fer que la tradition dit forgé par sainte Hélène à partir d'un clou de la Passion pour l'empereur Constantin. Il est conservé à la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, dans la chapelle qui porte son nom.

Ce que l'on voit

Un mors de cheval de trois cent cinquante grammes, de facture romano-byzantine, formé de canons fins avec une brisure de dix-sept centimètres de long, fixés à deux branches de cent soixante millimètres. Ce n'est donc pas un clou visible mais un objet équestre, ce qui rend cette relique unique dans le corpus des instruments de la Passion.

Son histoire

La tradition, transmise par les historiens ecclésiastiques du IVe et du Ve siècle, rapporte que sainte Hélène, ayant fait fouiller le Calvaire, fit forger l'un des clous de la Passion en mors pour le cheval de son fils Constantin. L'objet est ensuite conservé dans le trésor de Sainte-Sophie à Constantinople jusqu'au sac de la ville par les croisés en 1204, puis disparaît des sources. Il réapparaît à Carpentras en 1226, où il figure sur le sceau de l'évêque Isnard : c'est la première trace documentaire de sa présence dans la ville. Dès 1260, le Saint Mors devient l'emblème héraldique de Carpentras, ce qui témoigne de l'ancrage rapide et durable du culte. Le reliquaire de vermeil de 1330 est détruit à la Révolution ; une châsse néo-byzantine de bronze doré le remplace en 1872.

Ce que l'on sait de son authenticité

Les descriptions techniques rattachent la facture de l'objet au monde romano-byzantin, ce qui est compatible avec une haute antiquité, mais aucune datation en laboratoire n'a été publiée. L'identification du métal à un clou de la crucifixion relève entièrement de la tradition hagiographique. L'Église en autorise la vénération sans se prononcer sur l'origine matérielle.

Depuis quand elle est là

La présence à Carpentras est documentée depuis 1226 par le sceau de l'évêque Isnard, puis par l'adoption de l'objet comme emblème de la ville en 1260. Le lien avec Constantinople avant 1204 relève des sources byzantines et de la tradition, non d'un acte de transfert conservé.

Le reliquaire

Châsse néo-byzantine de bronze doré réalisée en 1872 par l'orfèvre lyonnais Thomas Joseph Armand-Calliat, qui a remplacé le reliquaire de vermeil de 1330 détruit à la Révolution.

La voir

La relique est présentée à la vénération des fidèles chaque 27 novembre, jour de la fête de saint Siffrein, patron de la cathédrale et de la ville.

Ailleurs, du même saint

Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.

Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.

Sources consultées pour cette fiche :

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