Terre de Saints
Relique de la Passion Jésus-Christ

La relique de la Vraie Croix de sainte Radegonde

Abbaye Sainte-Croix · Saint-Benoît, Vienne

Fragment de la Croix envoyé de Constantinople à la reine Radegonde par l'empereur Justin II et reçu à Poitiers en novembre 569. C'est la plus ancienne relique de la Passion dont la présence en France soit documentée sans interruption, conservée aujourd'hui par les moniales de l'abbaye Sainte-Croix, à Saint-Benoît, près de Poitiers.

Ce que l'on voit

Un fragment de bois enchâssé dans une staurothèque, c'est-à-dire un reliquaire de la Croix, orné d'émaux byzantins du haut Moyen Âge. Le reliquaire est plus tardif que la relique elle-même et constitue à ce titre une pièce d'orfèvrerie médiévale de premier plan, classée au titre objet des monuments historiques et régulièrement étudiée par les historiens de l'art.

Son histoire

Radegonde, princesse thuringienne devenue reine des Francs par son mariage avec Clotaire Ier, quitte la cour et fonde vers 552 à Poitiers le monastère qui deviendra l'abbaye Sainte-Croix. Elle sollicite de l'empereur d'Orient Justin II un fragment de la Croix, qui parvient à Poitiers en novembre 569. L'entrée de la relique dans la ville donne lieu à la composition par Venance Fortunat de deux hymnes qui sont restées dans la liturgie latine, Vexilla regis prodeunt et Pange lingua gloriosi proelium certaminis. Le monastère prend alors le nom de Sainte-Croix. La communauté, la plus ancienne communauté monastique féminine de France encore vivante, traverse les siècles et quitte le centre de Poitiers en 1965 pour La Cossonière, sur la commune de Saint-Benoît, en emportant la relique. Un oratoire dédié, aménagé dans l'ancienne sacristie et accessible depuis l'église, a été inauguré le 19 novembre 2019, date anniversaire de la réception de 569.

Ce que l'on sait de son authenticité

Ce qui est documenté est l'envoi impérial de 569 et la conservation ininterrompue par la communauté depuis lors, fait exceptionnel dans l'histoire des reliques. Ce qui relève de la tradition est l'identification du bois à la croix de la crucifixion, qui remonte au récit de l'invention de la Croix par sainte Hélène. Aucune analyse scientifique du bois n'est publiée à ce jour.

Depuis quand elle est là

La réception de la relique à Poitiers en novembre 569 est documentée par les écrits contemporains de Venance Fortunat et par Grégoire de Tours, ce qui en fait un cas rare de relique christique dont l'arrivée est attestée par des témoins de son temps. La conservation par la même communauté est continue depuis cette date, avec un seul déplacement de lieu, en 1965.

Le reliquaire

Staurothèque d'émaux byzantins du haut Moyen Âge, classée au titre objet des monuments historiques.

La voir

La relique est exposée dans l'oratoire de l'abbaye le premier dimanche de chaque mois, de 16 heures à la fin des vêpres célébrées à 17 h 30. Horaires à vérifier auprès de la communauté avant de se déplacer.

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