Terre de Saints
Relique du Christ Jésus-Christ

La Sainte Face de Laon

Cathédrale Notre-Dame de Laon · Laon, Aisne

Icône byzantine représentant la face du Christ imprimée sur un linge, vénérée depuis le XIIIe siècle en Picardie. Ce n'est pas une relique matérielle mais une image, conservée à la cathédrale Notre-Dame de Laon.

Ce que l'on voit

Une icône peinte sur bois, de facture balkanique, probablement serbe, datée du XIIe ou du XIIIe siècle. Elle porte une inscription en slavon, en alphabet cyrillique, que l'on traduit par image du Seigneur sur le mouchoir : elle appartient donc au type du mandylion, ces images du Christ dites non faites de main d'homme. Il faut être clair sur ce point : c'est une œuvre peinte, pas un linge ayant touché le Christ. Les dimensions ne sont pas données par les sources consultées.

Son histoire

L'icône est réalisée dans les Balkans, probablement en Serbie, aux XIIe ou XIIIe siècles. Une tradition, non confirmée par un acte, veut qu'elle ait été envoyée en 1249 par Jacques Pantaléon de Troyes, futur pape Urbain IV, aux moniales cisterciennes de l'abbaye de Montreuil-les-Dames, fondée en Thiérache en 1136 et transférée au pied de Laon au XVIIe siècle. L'icône appartient à cette communauté jusqu'à la Révolution. Elle rejoint ensuite la cathédrale Notre-Dame de Laon, où elle est conservée aujourd'hui. Elle a fait l'objet de plusieurs études savantes qui l'ont replacée dans l'histoire des images du Christ diffusées en Occident après le sac de Constantinople.

Ce que l'on sait de son authenticité

La question de l'authenticité ne se pose pas dans les mêmes termes que pour les autres pièces de ce corpus : il s'agit d'une icône, œuvre d'art datée par les historiens du XIIe ou du XIIIe siècle, et non d'un objet prétendument contemporain du Christ. Elle est incluse ici parce qu'elle est le principal témoin subsistant en France du culte du Saint Mouchoir, ou mandylion. Les reliques du mouchoir du Christ mentionnées au Moyen Âge en France, notamment à l'abbaye de Clairvaux vers 1205, ont disparu ; il en va de même du Saint Suaire de Compiègne, donné en 877 à la collégiale Saint-Corneille et disparu lors de la destruction de celle-ci le 10 août 1793.

Depuis quand elle est là

La présence en Picardie est traditionnellement rattachée à un envoi de 1249, mais cette tradition n'est pas confirmée par un document contemporain. La conservation à la cathédrale de Laon est établie depuis la période post-révolutionnaire, à la suite de la dispersion des biens de l'abbaye de Montreuil-les-Dames.

La voir

Conservée à la cathédrale Notre-Dame de Laon. Modalités de présentation à vérifier auprès de la cathédrale ou du diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin.

Ailleurs, du même saint

Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.

Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.

Sources consultées pour cette fiche :

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