La Vraie Croix d'Anjou
Sanctuaire de la Vraie Croix d'Anjou, chapelle de La Girouardière · Baugé-en-Anjou, Maine-et-Loire
Croix-reliquaire à double traverse contenant des fragments de bois rattachés à la Croix, rapportée de Terre sainte au XIIIe siècle. Sa forme a donné son dessin à la croix d'Anjou, devenue la croix de Lorraine.
Ce que l'on voit
Une croix de bois de chêne à double traverse, haute de vingt-sept centimètres, montée sur un support d'argent doré. Elle porte un Christ d'or massif, surmonté d'un Agneau et d'une colombe, et elle est richement ornée de perles et de pierres précieuses, rubis, saphirs et grenats. C'est cette silhouette à deux traverses qui a été reprise comme emblème par la maison d'Anjou, puis par les ducs de Lorraine, d'où le nom de croix de Lorraine.
Son histoire
Le fragment est donné en 1241 par Thomas, évêque de Hiérapétra et d'Arcadie, à Jean d'Alluye, seigneur angevin revenu de croisade. La relique passe ensuite en Anjou, où elle devient l'objet d'un culte suivi et le modèle héraldique de la maison d'Anjou. À la Révolution, la croix-reliquaire est déposée à la cure de Baugé, puis acquise pour 400 livres par Anne de la Girouardière, fondatrice de l'hospice des Incurables de Baugé ; sa translation dans la chapelle des Incurables a lieu le 17 octobre 1790. Elle y est demeurée depuis, gardée par la communauté puis par l'établissement qui a succédé à l'hospice. Un sanctuaire aménagé pour la présenter au public a été inauguré le 8 juin 2025 dans la chapelle de La Girouardière.
L'objet est daté et documenté depuis 1241, et son influence sur l'héraldique angevine puis lorraine est un fait historique établi. L'identification du bois à la Croix du Christ relève de la tradition et de la provenance orientale revendiquée par le donateur ; aucune analyse du bois n'est publiée. L'Église en autorise la vénération sans se prononcer sur l'origine matérielle.
Depuis quand elle est là
La donation de 1241 par l'évêque Thomas à Jean d'Alluye est documentée ; la présence à Baugé est documentée de manière continue depuis la translation du 17 octobre 1790 dans la chapelle des Incurables, la relique étant attestée en Anjou depuis le XIIIe siècle.
Le reliquaire
Croix-reliquaire d'argent doré, orfèvrerie médiévale enrichie au fil des siècles, protégée au titre des monuments historiques.
La voir
Présentée au public dans le sanctuaire de la Vraie Croix d'Anjou, inauguré le 8 juin 2025 dans la chapelle de La Girouardière à Baugé-en-Anjou. Modalités et horaires de visite à vérifier auprès du sanctuaire.
Ailleurs, du même saint
Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.
- La Couronne d'épines · Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris
- Le fragment de la Vraie Croix de Notre-Dame de Paris · Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris
- Le Clou de la Passion de Notre-Dame de Paris · Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris
- La relique de la Vraie Croix de sainte Radegonde · Abbaye Sainte-Croix, Saint-Benoît
- Le Saint Mors · Cathédrale Saint-Siffrein, chapelle du Saint-Clou, Carpentras
- La Sainte Épine de Saint-Étienne · Église Sainte-Marie de la Visitation, chapelle du Magnificat, Saint-Étienne
- La Sainte Tunique d'Argenteuil · Basilique Saint-Denys, Argenteuil
- La Sainte Coiffe · Cathédrale Saint-Étienne, Cahors
- Le Saint Suaire de Cadouin · Abbaye de Cadouin, Le Buisson-de-Cadouin
- Le Saint Suaire de Besançon · Cathédrale Saint-Jean, chapelle du Saint-Suaire, Besançon
- Le Précieux Sang de Fécamp · Abbatiale de la Sainte-Trinité, Fécamp
- Le Saint Sang de Neuvy-Saint-Sépulchre · Basilique Saint-Étienne, ancienne collégiale Saint-Jacques, Neuvy-Saint-Sépulchre
- La Sainte Larme de Vendôme · Abbatiale de la Trinité, Vendôme
- La Sainte Vertu, dite le Saint Prépuce de Charroux · Abbaye Saint-Sauveur, Charroux
- La Sainte Face de Laon · Cathédrale Notre-Dame de Laon, Laon
Fiche vérifiée le 2 septembre 2026. Une ostension, un transfert ou une expertise récente nous intéressent : signalez-les.
Sources consultées pour cette fiche :