Terre de Saints
Relique de la Passion Jésus-Christ

Le Saint Suaire de Besançon

Cathédrale Saint-Jean, chapelle du Saint-Suaire · Besançon, Doubs

Linceul vénéré à Besançon du XVIe au XVIIIe siècle, détruit pendant la Révolution. Il ne subsiste aujourd'hui que la chapelle baroque construite pour l'abriter, dans la cathédrale Saint-Jean.

Ce que l'on voit

La relique elle-même n'existe plus. Les descriptions anciennes en font un linceul portant une image du corps du Christ, conservé enveloppé de tissu dans un coffret de vermeil, lui-même placé dans un coffre de bois odorant. Ce que l'on peut voir aujourd'hui est l'écrin : une abside entièrement reconstruite entre 1731 et 1738 sur les plans de l'architecte parisien Germain Boffrand, conçue comme un ensemble décoratif complet, avec un autel isolé aménagé pour recevoir la châsse et cinq grandes peintures de la Passion dues à des maîtres parisiens et romains. Le coffre de bois et la cache de l'autel subsistent.

Son histoire

La relique apparaît ou réapparaît à Besançon entre 1519 et 1523, à l'ancienne église Saint-Étienne ; elle est mentionnée dans les délibérations capitulaires à partir de 1523, sans que les circonstances de son arrivée soient élucidées. Elle devient rapidement l'objet d'une dévotion très forte des Bisontins. Après la destruction de l'église Saint-Étienne-sur-le-Mont en 1670, elle est transférée avec le reste du trésor à la cathédrale Saint-Jean. Au XVIIIe siècle, les revenus de l'abbaye de Luxeuil financent l'aménagement de l'abside du Saint-Suaire, achevée en 1738. En 1794, sous la Terreur, la relique est saisie ; les autorités révolutionnaires viennent examiner à la cathédrale un objet trouvé la veille le 27 mars 1794, et le linge est envoyé à Paris et présenté en séance à la Convention nationale, où il est détruit. Malgré les recherches menées au XIXe siècle, il n'en a jamais été retrouvé trace.

Ce que l'on sait de son authenticité

Les historiens considèrent que le linge de Besançon était une copie partielle du linceul de Lirey, celui qui, passé par Chambéry, est devenu le suaire de Turin. Cette lecture s'appuie sur la comparaison des descriptions et sur l'apparition tardive de la relique bisontine, au début du XVIe siècle, alors que le linceul de Lirey est attesté dès le XIVe siècle. La relique ayant disparu, aucune vérification matérielle n'est possible et ne le sera jamais.

Depuis quand elle est là

La présence à Besançon est documentée depuis 1523 par les délibérations du chapitre cathédral. La destruction est documentée pour 1794, dans le contexte des saisies et présentations révolutionnaires.

Le reliquaire

Le reliquaire d'orfèvrerie a disparu avec la relique en 1794. La chapelle-écrin de Germain Boffrand, construite entre 1731 et 1738 dans la cathédrale Saint-Jean, subsiste avec son autel et son décor peint.

La voir

Sans objet, la relique n'existant plus. La chapelle du Saint-Suaire se visite aux heures d'ouverture de la cathédrale Saint-Jean de Besançon.

Ailleurs, du même saint

Les reliques d'un saint sont souvent dispersées, et plusieurs lieux revendiquent parfois la même. Nous les présentons côte à côte sans trancher.

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Sources consultées pour cette fiche :

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