Terre de Saints
Relique de la Passion Jésus-Christ

La Sainte Tunique d'Argenteuil

Basilique Saint-Denys · Argenteuil, Val-d'Oise

Tunique de laine sans couture que la tradition identifie au vêtement porté par le Christ pendant sa Passion. Elle est conservée à la basilique Saint-Denys d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise.

Ce que l'on voit

Une tunique de laine sans couture, de couleur brun pourpre, teinte à la garance. Elle mesure aujourd'hui environ cent vingt-deux centimètres de hauteur pour quatre-vingt-dix de largeur, contre environ cent quarante-huit centimètres à l'origine. Le tissage utilise des fils torsadés en Z, technique de facture orientale. L'étoffe porte les traces de son découpage en plusieurs morceaux à la Révolution et de sa reconstitution, ainsi que des prélèvements effectués pour les analyses.

Son histoire

La tradition rapporte que l'impératrice byzantine Irène envoya la tunique à Charlemagne vers l'an 800 et que celui-ci la remit à sa fille Théodrade, religieuse au monastère d'Argenteuil. La première mention documentaire connue est de 1156, dans un acte de Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen. La relique est vénérée à Argenteuil tout au long du Moyen Âge et de l'Ancien Régime. En 1793, pour la soustraire aux destructions révolutionnaires, le curé Ozet la découpe en plusieurs morceaux et les enterre ; il la reconstitue en 1795, ce qui explique son état actuel. Elle fait l'objet d'ostensions solennelles espacées, en 1934, 1984 et 2016, puis du 18 avril au 11 mai 2025, cette dernière ayant été présentée comme une ostension exceptionnelle de la tunique déroulée en entier.

Ce que l'on sait de son authenticité

La tunique a fait l'objet de datations par le radiocarbone : des prélèvements effectués en 2003 et analysés en 2004 situent le tissu aux VIe et VIIe siècles, une seconde série d'analyses en 2005 donnant une fourchette de 670 à 880. Ces résultats, qui écartent une datation du Ier siècle, sont contestés par des chercheurs d'autres disciplines, qui invoquent notamment les pollutions successives du tissu et les conditions de prélèvement. D'autres examens ont été conduits sur les pollens et sur des traces sanguines, et sont eux aussi discutés. L'Église n'a jamais tranché la question et autorise la vénération sans garantir l'origine.

Depuis quand elle est là

La présence à Argenteuil est documentée depuis 1156 par l'acte de l'archevêque Hugues d'Amiens. La chaîne antérieure, de Constantinople à Charlemagne puis à Théodrade, relève de la tradition monastique et n'est pas appuyée par des documents contemporains.

Le reliquaire

Reliquaire de style néo-roman conservé dans la basilique Saint-Denys ; la tunique a été restaurée en vue de l'ostension de 2016.

La voir

Hors ostension exceptionnelle, la relique est conservée enroulée et n'est pas déployée, seule une partie étant visible à travers une ouverture du reliquaire. Les ostensions solennelles sont rares : 1934, 1984, 2016, puis du 18 avril au 11 mai 2025. Aucune date d'ostension ultérieure n'est annoncée à ce jour.

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